Pierre Rabhi
en guise d’Editorial 2015
Article mis en ligne le 10 novembre 2015
dernière modification le 29 décembre 2017

Renoncer à l’insatiabilité comme principe de vie, c’est reconnaître positivement et avec intelligence le caractère limité de la biosphère, comme demeure de l’humanité et de toutes les créatures qu’elle héberge.

La venue d’une élégante civilisation de la modération, de la sobriété, du partage et du respect de la vie, ne peut être sans cesse ajournée sans risque de déflagrations universelles.

Le défi est donc de taille et seule une coalition active des consciences, fondée sur le devoir de respecter la vie et d’en prendre soin, peut opérer la mutation. Plutôt que de se contenter de quelques alternatives palliatives et éphémères, le temps d’un postulat radical, qui place l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations et de nos actions, est plus que venu. li est important d’insister sur le fait que c’est à son caractère pacifique et déterminé que la démarche devra sa force et son efficacité. Entre l’insatisfaction à l’égard du modèle actuel et l’impossibilité de retourner en arrière, il existe une voie qui devra concilier les acquis de la modernité avec les valeurs humanistes et écologiques, dont le caractère intemporel est le gage de leurs bienfaits en tous temps et en tous lieux. Un magnifique chantier s’offre à l’imagination des bâtisseurs du futur.

Extrait du petit livre :
Eloge du génie créateur...