la biodiversité est maltraitée
Article mis en ligne le 30 mars 2020

"Que ce soit pour le Sida, Ebola ou le Covid-19, on est confronté à un même souci : la biodiversité est maltraitée"

Extraits d’un article de Sabine Verhelst, publié dans La Libre ce lundi 30 mars 2020

"Des animaux sont un petit peu moins sous pression des activités humaines. Des oiseaux sont un peu plus tranquilles pour nicher, des mammifères se baladent de manière un petit peu plus libre", constate Philippe Grandcolas, directeur de recherche au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris. "Mais c’est du très court terme, de l’accessoire, qui est charmant, mais qui malheureusement ne va pas durer", rappelle-t-il.

Quand on entend parler de biodiversité autour du Covid-19, c’est sur un mode amusant ou distractif. On ne les considère jamais comme des acteurs de nos vies, alors qu’en réalité des questions de biodiversité sont à l’origine du Covid-19."

L’origine animale de l’épidémie

Chauve-souris en soupe, pangolin en steak ou autre, c’est bien un animal sauvage qui est soupçonné d’avoir transmis le coronavirus à l’homme sur un marché de Wuhan. Aussi peut-on "espérer une prise de conscience", poursuit le spécialiste de l’évolution des faunes. On en a déjà vu des signes. es. La Chine a décidé, le 24 février, d’interdire "complètement" le commerce d’animaux sauvages, d’"abolir la mauvaise habitude de trop (en) consommer et protéger efficacement la santé et la vie de la population", selon les propos officiels. La vente de pangolin, le mammifère le plus braconné au monde, a chuté au Gabon.
"Le danger, c’est qu’on encourage la vente sous le manteau", embraie Philippe Grandcolas,

Pour autant, "la prise de conscience ne va pas aller jusqu’au bout", pronostique Philippe Grandcolas. L’énergie que les êtres anthropocentriques que nous sommes déploient pour lutter contre la pandémie de Covid-19 dépasse largement celle que nous sommes prêts à mettre pour lutter contre les atteintes à la biodiversité qui, précisément, entraînent des pandémies.

"Ce qui me frappe toujours, c’est l’indifférence au point de départ. Comme si la société ne s’intéressait qu’au point d’arrivée : le vaccin, les traitements, la réanimation", explique Didier Sicard, spécialiste des maladies infectieuses, sur France Culture. "Mais pour que cela ne recommence pas, il faudrait considérer que le point de départ est vital. Or c’est impressionnant de voir à quel point on le néglige. L’indifférence aux marchés d’animaux sauvages dans le monde est dramatique."

"La biodiversité est partout et l’on aurait tous besoin de se comporter mieux avec elle", insiste-Philippe Grandcolas. "Nous-mêmes, en Europe, avons des problèmes de ce type dont on ne parle pas.

La crise sanitaire que nous traversons doit être l’occasion de "comprendre que ce scénario peut recommencer", insiste Philippe Grandcolas. Que ce soit pour le Sida, Ebola ou le Covid-19, "on est toujours confronté à un même souci, qui est notre mauvaise relation à la biodiversité. Sans cette explication, un bon comportement n’émergera pas de manière générale, en aucun cas".

Lire l’article complet sur mon blog et ici : https://www.lalibre.be/planete/envi...

Voir aussi François Gemenne : du coronavirus au climat, "je redoute très fort l’opportunité gâchée".
https://www.lalibre.be/planete/environnement/francois-gemenne-du-corona-au-climat-je-redoute-tres-fort-l-opportunite-gachee-5e7f7c70d8ad5816317fa0f7