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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

Un manifeste d’Edgar Morin : "aux Oasis !!"
Aujourd’hui l’alternative, c’est : nouvelle civilisation ou barbarie.
Article mis en ligne le 22 octobre 2015
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"La France (mais pas seulement là !) est un désert de la pensée politique où la recherche de voies nouvelles se fait et s’expérimente au niveau des associations et initiatives de la société civile mais celles ci n’ont pu se synergiser, et la route sera longue."

Edgar Morin résume, pour le mouvement Oasis et les Colibris les signes de cette nouvelle civilisation qui est en train de naître, au risque de se faire balayer par "les forces obscures et obscurantistes énormes de la barbarie froide et glacée du projet illimité qui dominent la civilisation actuelle" et qui "progressent encore plus vite que les forces de salut".

Voici quelques extraits, une invitation à lire et méditer l’ensemble du texte.

Dans la conjoncture actuelle, tout en demeurant des citoyens vigilants et actifs, aménageons en même temps dans notre présent des oasis de convivialités pour nous protéger du déferlement des vagues géantes de l’économie techno bureaucratisée, du calcul aveugle à l’humain, qui nous transforme en objets, de la compétitivité, de la rationalisation, de la marchandisation, du profit qui ont envahi toutes les ramifications de notre société. Encourageons plutôt les initiatives porteuses d’un futur, sachons qu’être responsable et solidaire sont non seulement des impératifs éthiques, mais des vertus qui épanouissent nos vies.?Sauvegardons, nourrissons, développons ces oasis autant que possible. Privilégions le bien vivre sur le bien être seulement matériel. Retrouvons notre propre nature en retrouvant la nature, et retrouvons la nature en retrouvant notre propre nature.

 ?Chacun sait au fond de lui même, même si ce savoir est refoulé ou occulté quand la conscience est préoccupée par le souci économique, que l’amitié et l’amour sont les constituants de la vraie vie. Alternons sobriété et fêtes. Laissons nous aller à la part ludique de l’existence. Allons vers ce qui nous enchante ou nous exalte. Contrôlons et régulons notre consommation : consommons dans les circuits courts (…)
Résistons si possible aux normes et contraintes des usines et bureaux en démontrant que l’obéissance et la soumission diminuent l’efficacité de l’entreprise alors que la satisfaction et l’initiative créent la véritable compétitivité.

Contournons les interdits absurdes, sachons désobéir quand il le faut (cf. le petit manuel de désobéissance citoyenne de William Bourdon, qui nous suggère de devenir des lanceurs d’alerte là où nous voyons que la course aux hyper-profits et la multi-surveillance menacent nos droits et nos libertés).
(…)
Nos sommets politiques et économiques ignorent tout des vies quotidiennes : ils vivent dans leur bulle et connaissent du monde les chiffres de leurs experts. Faisons nos propres bulles de vie par rapport à eux. 

Une civilisation veut naître

(…) Des symptômes d’une civilisation qui voudrait naître, civilisation du bien vivre, bien qu’encore dispersés, se manifestent de plus en plus. Notons, sur le plan économique, l’économie sociale et solidaire où renait l’élan des mutuelles et coopératives, les banques à mirco-crédit, l’économie participative, l’économie circulaire, le télé travail, l’économie écologisée dans la production d’énergie, la dépollution des villes, l’agro-écologie prônée par Pierre Rabhi et Philippe Desbrosses, qui nous indiquent la voie d’un refoulement progressif d’une économie vouée au seul profit.?

Sur le plan social et humain, la nouvelle civilisation tendrait à restaurer des solidarités locales ou instaurer de nouvelles solidarités (comme la création de maisons de la solidarité dans les petites villes et les quartiers des grandes villes). Elle stimulerait la convivialité, besoin humain premier qu’inhibe la vie rationalisée, chronométrée, vouée à l’efficacité. Ivan Illitch avait annoncé dès 1970 ce besoin de nouvelle civilisation et le mouvement convivialiste, animé par Alain Caillé répondant le message en France et au-delà de nos frontières.? ?Il s’agit d’un élément majeur pour une réforme existentielle. Nous devons reconquérir un temps à nos rythmes propres, et n’obéissant plus que partiellement à la pression chronométrique. Le slow food, mouvement de fond lancé par Pertini pour réduire le fast food, et restaurer les plaisirs gastronomiques, s’accompagne d’une réforme de vie qui alternerait les périodes de vitesse (qui ont des vertus enivrantes) et les périodes de lenteur (qui ont des vertus sérénisantes). Nous obéirons successivement aux deux injonctions qu’exprime excellemment la langue turque : Ayde (allons, pressons) Yawash (doucement, mollo).
(…)
La réforme de la consommation serait capitale dans la nouvelle civilisation. (…)

Une réforme des conditions du travail serait nécessaire au nom même de cette rentabilité qui a aujourd’hui produit mécanisation des comportements, voire robotisation, burn out, chômage qui donc diminue en fait la rentabilité promue.
(…)
Enfin, la nouvelle civilisation demande une éducation où serait enseignée la connaissance complexe, qui percevant les aspects multiples, parfois contradictoires d’une même phénomène ou même individu, permettant une meilleure compréhension d’autrui et du monde. La Compréhension d’autres serait elle-même enseignée, de façon à réduire cette peste psychique qu’est l’incompréhension, présente en une même famille, un même atelier, un même bureau. Y seraient enseignée la complexité humaine. Bref une réforme radicale à tous niveaux de l’éducation permettrait d’enseigner à vivre autonome, responsable, solidaire, amical.? ?

Comme les pièces dispersées au hasard d’un puzzle, les ferments premiers de la nouvelle civilisation travaillent ici et là, font ici et la lever la pâte nouvelle. Les besoins inconscients d’une autre vie commencent alors à passer à la conscience. Des oasis de convivialité, de vie nouvelle, se sont créés, parfois c’est une municipalité animée d’un nouvel esprit (…)

Ce sont des petits printemps qui bourgeonnent, et qui risquent la glaciation ou le cataclysme. Avant la guerre, c’était sur le plan des idées qu’une nouvelle civilisation se cherchait, sous des noms divers, avec les écrits d’Emmanuel Mounier, Robert Aron Armand Dandieu, Simone Weil et autres ; elle cherchait à sortir d’une impuissance qui n’avait pas évité la crise économique, de la double menace du fascisme et du communisme stalinien, et cherchait la troisième voie. La troisième voie fut écrasée dans l’œuf par la guerre. Aujourd’hui, il s’agit de changer de voie, d’élaborer une nouvelle voie et cela dans et par le développement de la nouvelle civilisation, qu’incarnent déjà tant de bonnes volontés de tous âges, de femmes et d’hommes et qui dessine des nouvelles formes dans les oasis de vie. Mais les forces obscures et obscurantistes énormes de la barbarie froide et glacée du projet illimité qui dominent la civilisation actuelle progressent encore plus vite que les forces de salut, et nous ne savons pas encore si celles-ci pourront accélérer et amplifier leur développement. Socialisme ou barbarie disait on autrefois.

Aujourd’hui il faut comprendre l’alternative : nouvelle civilisation ou barbarie.

Pour lire l’article entier, VOIR >>

VOIR aussi http://www.colibris-lemouvement.org/




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