3.1.3 Dystopies ou utopies ?

Réflexion générale : perspectives nouvelles ?
ou 3. Impacts - 1. Psy - Dystopies ou utopies ?
Jean Florence et Bruno Humbeek
(avec Laurence Bertels, La Libre, le 27 avril 2020)

Article mis en ligne le 4 juillet 2020
dernière modification le 5 septembre 2020

Quelle inspiration créée par l’isolement et le confinement ?
Qu’en disent les psys Jean Florence et Bruno Humbeek ?

Dystopies ou utopies ?

Aura-t-il fallu l’exil pour qu’un chef-d’œuvre tel quel.les Misérables sorte de presse ? Banni par Napoléon, dès 1852, c’est à Guernesey que Victor Hugo écrivit également ses Châtiments, sachant de quoi il parlait. L’auteur de Notre-Dame de Paris est loin d’être le seul à être passé par l’isolement, et y avoir puisé un peu ou beaucoup de son inspiration. Dostoïevski. par exemple, écrira ses Souvenirs de la maison des morts après son séjour en prison, lequel inspirera plus de Sagesse à Verlaine et une Trilogie allemande à Céline…

Par ailleurs, source d’inspiration de nombreux romans, tels bien sûr, La Peste de camus, Le Hussard sur le toit de Jean Giono ou encore le tout récent Contagions de Paolo Giordano, disponible sur le site du Seuil, un cataclysme tel celui que nous connaissons nourrit aussi les dystopies. [1]
C’est dire s’il y a matière à lire, écrire, jouer, chanter…

Alors, mis à part les parfois controversés Journaux de confinement. quelle floraison·nous vaudra notre actuelle traversée du désert ?

Jean Florence, psychologue, philosophe et psychanalyste, compare, lui. ce confinement forcé à la traversée du désert, métaphore biblique, qui, coïncidence, correspond au carême, période associée aux privations. Comme le dit l’ex pression, le désert se traverse, “on n’est pas fait pour y rester. car on peut y mourir, mais certains créateurs se sont imposé un retirement du monde, lequel permet une ouverture à quelque chose en soi, à une intériorité, une intimité, comme le moment du sommeil, qui ne peut émerger quand on est trop occupé".

Jean Florence évoque aussi la dimension du manque, qui génère une très grande angoisse, comblée par la surcharge de consommation, le vide, qui n’est pas le rien, mais qui peut faire peur si on n’a pas une volonté active de le rencontrer. ·0n est obligé d’être créatif et de rester vivant face à l’angoisse de la mort…

(d’après Laurence Bertels, La Libre, le 27 avril 2020)
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