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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

Réflexions à propos de "REVEILLER LE REVEUR" (8 octobre 2009)
Article mis en ligne le 19 juillet 2013
dernière modification le 26 juillet 2013
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Nous sommes entrés dans un état de crise durable et planétaire. Les médias nous le rappellent tous les jours. Quelle soit écologique, économique, financière, alimentaire... la crise se décline de multiples façons et nous fait vivre sans aucun doute une période de l’histoire sans précédents.

Nous la percevons comme une formidable occasion de nous interroger, de nous réveiller, de participer à notre échelle à l’émergence d’un monde neuf. Nombreux sont ceux qui pensent que nous sommes parvenus non pas à une impasse fatale mais à une époque charnière, une "grande bifurcation" dont parle Ilya Progogine.

Après Al Gore qui nous secoue ("Une vérité qui dérange"), Yann Arthus-Bertrand qui nous dit : "il est trop tard pour être pessimiste" (le film "Home"), Nicolas Hulot qui y fait écho ""Ne laissons pas le temps décider à notre place."" ("Le syndrome du Titanic"), tout le monde s’y met. Il n’y a pas que la télé et le cinéma, la presse, les sites internet... Pierre Rabhi, pionnier de l’agro-écologie, lance le Mouvement des Colibris (Mouvement Terre et Humanisme), des centaines d’associations convergent pour alerter les décideurs et le public. Même le commerce et la publicité s’y mettent car c’est un argument de vente. Les pratiques de récupération sont sans limites !

La prise de conscience devient générale et touche chacun dans sa vie quotidienne. Mais les questions sont multiples.

On peut se demander comment nous en sommes arrivés là.
Quelle est la place que chacun de nous peut prendre dans le "Grand Tournant" qui sauvera (ou pas ?) notre maison commune pour les générations futures, par seulement celles des hommes, mais de tous les être vivants ?

Qu’adviendra-t-il des plantes, des semences et des espèces, des patrimoines, des traditions, des cultures, des langues qui sont en train de disparaître à tout jamais si on s’en remet uniquement "à ceux qui ont le pouvoir" ?
Sommes-nous condamnés à subir le cours des choses ?

Comment, dans notre vie de tous les jours, faire notre part, comment participer à l’éclosion d’une nouvelles façon de vivre, de penser, d’être en harmonie avec le monde, les autres et nous-mêmes ?

Dans le contexte d’une société contemporaine en quête de sens, le défi proposé par l’atelier est de trouver comment chacun peut contribuer à l’émergence d’une présence humaine écologique, épanouissante et équitable partout sur notre planète.

Comprendre le rêve du monde moderne, pour le changer, c’est prendre conscience de ce dont nous sommes imprégnés, de ce que notre société occidentale a imprimé jusqu’au plus profond de nos cellules.
C’est, selon la belle formule de Jean-claude Liaudet, "Identifier le surmoi collectif (inconscient) de la névrose libérale, repérer le modèle(...) que l’individu intériorise pour se construire." [1]

Le petit enfant, de plus sur tous les continents, est plongé dans ce bain, avant même l’entrée à l’école, par la télé, la pub, et par toute l’ambiance consumériste qui tente de réduire les "citoyens" que nous sommes en simples "consommateurs". (projet qui, selon nous, est en train d’échouer : les "consomm-acteurs" que nous devenons prennent conscience qu’ils peuvent "voter avec leur porte-monnaie", c’est le nouveau "pouvoir" d’achat !)

Changer le rêve, c’est aussi rapprocher deux manières de voir : la capacité technologique du monde moderne et la sagesse des peuples premiers. Sans idéaliser ces communautés, qui sont au bord de la survie et qui tentent, avec l’énergie du désespoir de conserver les trésors de leurs traditions, il est urgent pour nous de prendre conscience que nous avons un besoin urgent de ce qu’ils peuvent nous apporter. C’est à eux maintenant de nous apporter une "aide au développement" car nous avons à retrouver les valeurs de vie des communautés et des cultures qui tentent de rester à l’abri du monde moderne. Mais pour cela, nous avons besoin de nous réveiller de notre torpeur.

"L’oeil que scrute, qui analyse, qui dissèque, doit être réconcilié avec l’oeil qui vénère et contemple." (Hubert Reeves).

C’est inventer une troisième voie qui réconcilie la modernité avec les valeurs de vie. C’est plus qu’un changement, c’est, comme le dit Thierry Verhelst, une mutation, et une mutation vers un "post-capitalisme".

Le métissage culturel et de nouvelles solidarités sociales renferment la promesse "qu’un autre monde est possible".

"Les antiques sagesses faites de simplicité et de convivialité suggèrent des façons de dépasser la modernité en dérive." (Thierry Verhelst).

"On est tous conscient que quelque chose va se passer" disait Graf Dürkheim peu avant sa mort, en 1988). Et il ajoutait : "la seule façon de vivre ce temps de crise et de catastrophe potentielle, c’est de chercher la profondeur de l’être."

De très nombreuses initiatives existent aujourd’hui, de très nombreuses structures qui agissent dans les domaines de la protection de la nature, de la solidarité internationale, de l’action sociale… C’est de nature à nous redonner foi dans l’avenir et à sortir de l’isolement. Quand nous envisageons cela dans notre atelier, notamment avec Paul Hawken, les participants témoignent d’un sentiment d’espoir et de connexion.

"Il n’y a rien de plus puissant qu’une idée dont le temps est venu" disait Victor Hugo.

Il est essentiel est de faire converger les initiatives. Et de savoir que tout ce dans quoi on peut se lancer dans cet esprit d’un monde plus viable, plus juste et plus épanouissant pour chacun où qu’il se trouve, s’inscrit dans un formidable mouvement de prise de conscience et de changement, partout dans le monde.

La crise que nous traversons est aussi une crise culturelle : elle nous pose avec urgence la question du monde dans lequel nous voulons vivre. "Un grand nombre d’entre nous aspire à l’émergence d’un monde où le respect de l’humain et de la nature constituera la priorité de l’organisation de la société. Mais comment y participer ? Que faire à notre échelle et cela a-t-il un sens ?" interpelle le mouvement des Colibris (Mouvement Terre et Humanisme), créé à l’initiative de Pierre Rabhi, pionnier de l’agro-écologie.

Ce qui se passe d’extraordinaire, et de radicalement nouveau sur la planète, c’est que le phénomène est planétaire. C’est l’écosystème lui-même qui se mobilise. Certains parlent de "système immunitaire de l’humanité" qui s’est mis en route.

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Notes :

[1Cité par Bernard Legros et Jean-Noël Delplanque dans "L’enseignement face à l’urgence écologique" (p. 58), dont je vous parlerai par ailleurs. Cf. Jean-Claude Liaudet, "L’impasse narcissique du libéralisme", Climats, 2007, p. 272.

P.S. :

Le dernier atelier "Réveiller le rêveur" que nous avons animé en Belgique s’est déroulé
le 15 novembre 2009 à la Maison de l’Ecologie de Namur.




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