Notes de lecture
Convergences de lecture - 2. Une kyrielle de livres

Un bouquet de livres.
En cinq parties.

Article mis en ligne le 11 février 2021
dernière modification le 20 avril 2021

Par Dieu sait quel hasard...

Voici la suite du chapitre 1. Introduction : 2. Une Kyrielle de livres

2. Une Kyrielle de livres

Reprenons.

• J’ai eu un vrai coup de coeur pour Milles femmes blanches de Jim Fergus : “Elles étaient mille femmes blanches, troquées jadis par le chef Littlle Wolf contre autant de chevaux.”

La magie de Jim Fergus a opéré, et je me suis plongé dans la trilogie : La vengeance des mères, puis “Les amazones”. Le premier livre était un peu, sous la forme d’un roman, le pendant du livre passionnant que j’avais lu quelques mois plus tôt “Les cent premières années de Ninio Cochise, strictement historique lui, sous la plume de A. Kinney Griffith.

• Et puis il y a eu cette magnifique relecture, avec lenteur, de “Une année à la campagne”, un livre déjà ancien de Sue Hubbell, édité en 1986, préfacé par J. M. Le Clézio, et réédité chez Gallimard en 1994.

• Une amie, alors, m’a offert pour la Noël Nature Humaine de Serge Joncour, auréolé du prix Fémina, vraiment dans l’air du temps, sorte de pendant ici et en ce siècle (l’an 2000) de ce qui s’est passé chez les amérindiens au 19ème siècle. (J’ai fait un petit article de présentation du livre, ici sur mon site, dans mes Coups de coeur.

• Là-dessus, et c’est là que l’enchaînement devient passionnant, je suis invité à lire “La panthère des neige” de Sylvain Tesson, parti à l’affût des dernières panthères des neiges sur les hauts plateaux du Tibet avec le photographe animalier Vincent Munier, en y mêlant ses réflexions sur l’état du monde. (J’en ai repris quelques extraits, les plus parlants pour moi en ce moment, sur le Blog de larcenciel, ici…)

• Entre parenthèses, ceci n’est pas sans me rappeler la lecture, récente elle aussi, d’une histoire de Yerudegger Khaltar Guichyguinkheny (sic !), Commissaire de police en Mongolie : La mort nomade de Yan Manook. “Plantant sa yourte dans les immensités du désert de Gobi, voulant renouer avec les traditions de ses ancêtres, Yeruldegger va plonger dans une Mongolie spoliée par les affairistes et ruinée par la corruption.”

Alors, bon, je peux ajouter ce livre de Ian Manook à ma série. En effet, “La mort nomade” nous balance dans la Mongolie des nomades et des chamanes en proie aux pelleteuses des multinationales, aux affairistes et à la corruption, face à une résistance culturelle. Un même combat, là bas aussi.

• Et je découvre alors que Ian Manook, c’est aussi Patrick Manoukian, auteur lui, par ailleurs, du Cercle des hommes (2020) dont j’ai évoqué au début la phrase en exergue du chef Seattle, et qui se passe en Amazonie. Perdue sous la canopée, une tribu d’Indiens isolés, fragilisés, menacés par les outrages faits à la forêt, découvrent, tombé du ciel avec son avion, un industriel, PDG d’une grande compagnie minière, qui cherche à exploiter la forêt par tous les moyens et qui va devoir leur prouver qu’il est humain. “Un livre grave sur le monde d’aujourd’hui et notre rapport à la nature.”

Un peu lourdingue au début, le livre s’anime et commence à pétiller au fur et à mesure qu’on approche de la fin.

“Cet homme qui vit dans les technologies et la superficialité devra apprendre à vivre complètement en harmonie avec la Nature afin de pouvoir s’intégrer au clan pour survivre. Nous voilà invités à réfléchir sur la superficialité de la société occidentale qui nous crée des besoins qui piétinent de plus en plus l’équilibre de notre environnement.”

Ces propos forts qui poussent à la réflexion sur notre rapport à la nature, à la prise de conscience face à la déforestation, à ces populations indiennes exploitées, fait écho au livre de serge Joncour sur le destin des paysans français face à la “modernité” tentaculaire et mondialisée.

“Le cercle des Hommes” évoque une humanité douce, délicate, ingénue et vivante, menacée par la voracité de la croissance économique.

• Le cercle est bouclé, pour le moment…

Sauf que…

Je trouve un autre commentaire de ce livre : “Ici encore, toujours, en profondeur, l’opposition entre ceux qui respecte la vie sous toutes ses formes, en se considérant comme partie intégrante de la nature, et ceux, nous, qui avons tellement tout saccagé que notre survie commence à être en jeu.” écrit une commentatrice martiniquaise sur son site, qui s’appelle La fleur curieusehttps://www.lafleurcurieuse.fr/

Je trouve dès lors ce site (https://www.lafleurcurieuse.fr, La Fleur Curieuse - Ensemble, changeons notre vision du monde) bien intéressant.

“La fleur curieuse”, dont je ne connais pas le nom (elle se protège et on la comprends) est martiniquaise. Elle nous apporte une première clé avec cet article : ”nos superstitions, comme-vous-dites, sont notre résistance à l’acculturation”.

Avec cet article, je songe à l’intégrer dans les soubassements de ma réflexion, mais je crains de tomber dans un piège, celui de la sociologie comme science.

C’est que l’acculturation, sans enlever quoi que ce soit à la problématique vécue par tous les peuples colonisés et exploités par notre culture dominante, m’ouvre de nouveaux espaces. En effet, je pourrais considérer que nous sommes tous, qui que nous soyons, acculturés, en ce sens que tous, nous avons été coupés de nos racines. C’est clair qu’ainsi je rejoins le coeur de mon propos, mais il me faut pour cela opérer une rupture avec la “science dure”.

Je vais donc mettre cet aspect de ma réflexion dans un chapitre à part.

Résumons. Territoires indiens d’Amérique du Nord, les campagnes du Lot en Aveyron, Amazonie, Hauts plateaux du Tibet, Mongolie… Je peux ajouter la Martinique.

Mais vient une dernière facette, un dernier éclat : Sarayaku, dont je reçois les dernières nouvelles, celles de la Frontière de Vie”. Et le sens de tout cela va s’éclairer.

Car j’ai enfin trouvé le point focus de ma réflexion.

Mais vous avez peut-être déjà tout compris…

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