LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

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La traite transatlantique des esclaves (en 2 minutes)
Vincent Hiribarren, 20 septembre 2015
Article mis en ligne le 18 mars 2016
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Les migrants/réfugiés – faut-il s’amuser à les différencier lexicalement ? – secouent notre société. Nos médias, nos politiques. Ils surgissent pour des raisons de guerre liées aux fondamentalismes religieux en résurgence. Mais aussi pour des raisons économiques. Certains voudraient distinguer ces deux causes des migrations tragiques actuelles, mais elles sont toutes deux déterminées partiellement par une cause commune : la période coloniale. C’est ce que rappelle notre théma « Colonies. Héritages & tabous ».

Colonies, héritages et tabous

Octobre > décembre 2015

Bas les masques ! L’époque coloniale n’est pas une parenthèse historique qui se serait refermée comme par magie avec la décolonisation. Vivre au sein de la société dominante qui a inventé ce régime colonial, signifie être susceptible d’en véhiculer l’une ou l’autre valeur. D’octobre à décembre 2015 la plateforme « Colonies. Héritages & Tabous », voulait contribuer à la décolonisation de l’esprit révélant d’autres facettes de ces mémoires coloniales. Expos, ateliers, colloques, projections, conférences exploraient stéréotypes et tabous portant un regard sur l’histoire qui intègre aussi la perspective du colonisé. (20 septembre 2015)

Un reportage dans les villes de Tanger et Ceuta, à la rencontre de ces personnes qui espèrent tant de l’Europe.
 Plus d’infos

Voici un vidéo saisissante et instructive :
La traite transatlantique des esclaves en 2 minutes
Vincent Hiribarren 20 septembre 2015

Cette vidéo provient d’une carte créée par Andrew Kahn pour Slate. Elle montre 315 années de traite des esclaves à travers l’Atlantique, en 2 minutes.

La traite transatlantique d’esclaves africains vendus par des Européens en Amérique est aujourd’hui mieux connue, ou tout du moins en apparence. Elle a fait l’objet de nombreux livres d’histoire, de romans et de films. Elle est aussi enseignée en France au collège et se trouve au programme de 4ème. Les recherches sur l’esclavage de ces dernières 25 années sont pourtant moins connues. En recensant le nombre d’esclaves, les noms de chaque bateau, leur origine, leur destination, des chercheurs ont patiemment conçu une gigantesque base de données sur la traite transatlantique. Ce sont ces chiffres qui ont servi à construire cette carte.

Slavevoyages.org est le site web qui permet de se connecter à cette base de données. L’utilisateur peut ainsi obtenir les chiffres globaux de la traite. Ainsi, dans l’état actuel des recherches, 12 521 336 Africains ont été réduits en esclavage entre 1501 et 1866 et 10 702 656 d’entre eux ont survécu a la traversée de l’Atlantique. Cette base de données permet aussi de se concentrer sur tous les voyages partis d’un port en particulier ou sur ceux arrivés à une destination spécifique. Le nom du bateau et de son capitaine sont presque toujours mentionnés. C’est bien parce que les esclaves étaient considérés comme des marchandises que de telles statistiques sont aujourd’hui encore disponibles. Les ports de départ et d’arrivée gardaient ainsi des traces des transactions financières pour mieux taxer les esclavagistes. Les journaux financiers de la fin du XVIIIe siècle mentionnaient aussi les arrivées d’esclaves. On peut aujourd’hui estimer que près de la moitie des ces bateaux ont laissé une trace écrite dans les documents qui nous sont parvenus.

Arriver à un tel résultat n’a pas pourtant pas été facile. C’est toute une équipe de chercheurs spécialistes d’histoire démographique, quantitative et économique, de linguistique ou d’anthropologie qu’il a fallu réunir. Le barrage de la langue a lui aussi été important et sans les progrès de l’informatique depuis les années 1960, réussir un tel projet n’aurait pas été possible. Le résultat n’est pas que celui d’une base de données perdue quelque part sur Internet et c’est là tout l’avantage de cette discipline mêlant sciences humaines et informatique appelée « humanités numériques ». Ces universitaires ont radicalement remis en cause la façon de comprendre le commerce transatlantique d’esclaves. Pourtant, l’histoire telle qu’elle est enseignée dans nombre de pays oublie souvent le renouveau apporté par ces études, ce qui veut dire que nous disposerions de seulement 50% des chiffres de la traite transatlantique.

Ainsi le tristement célèbre « commerce triangulaire » n’était souvent pas triangulaire et concernait directement des pays de l’hémisphère sud avec nombre de voyages reliant par exemple l’Angola et le Brésil. Là où nombre de films se concentrent sur les États-Unis - Hollywood oblige - la base de données permet de réaliser que le gros du commerce s’est effectué dans les Caraïbes et au Brésil et non pas en Amérique du Nord. Le siècle des Lumières européen a été aussi celui où le plus grand nombre d’Africains ont été vendus comme esclaves. L’histoire de l’Européen troquant des verroteries et de vieux mousquets contre des esclaves à un dirigeant africain naïf a elle aussi été complètement revue. On parle aujourd’hui de résistance, d’accommodation et de collaboration des Africains un peu de la même manière que pour la colonisation. Ce sont les conséquences économiques, démographiques et politiques de la traite que cette base de données permet d’appréhender tant pour l’Amérique et l’Europe que pour l’Afrique. Le renouveau des études sur les esclaves africains permet donc d’interroger les sociétés et cultures de trois continents.
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Liens pour le profil d’Andrew Kahnet le site de Slate sur lequel cette visualisation a d’abord été publiée.

P.S. :

Info communiquée par Point Culture (ex Médiathèque de Belgique)



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