Les vœux d’épopée d’Ariane Mnouchkine
Article mis en ligne le 23 janvier 2014
dernière modification le 4 juillet 2014

Extraits

Je nous souhaite d’abord une fuite périlleuse et ensuite un immense chantier...

Le chantier des chantiers.

Fuir l’incrédulité ricanante..., fuir les triomphants prophètes de l’échec inévitable...

Une fois réussie cette difficile évasion,

Ouvrons des laboratoires, ou rejoignons ceux, innombrables déjà, où, à tant de questions et de problèmes, des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions qui ne demandent qu’à être expérimentées et mises en pratique, avec audace et prudence, avec confiance et exigence.

Ajoutons partout, à celles qui existent déjà, des petites zones libres.

Oui, de ces petits exemples courageux qui incitent au courage créatif.

Que l’échec soit notre professeur, pas notre censeur.

C’est du minuscule au cosmique que ce travail nous entrainera et entraine déjà ceux qui s’y confrontent. Sauver une herbe médicinale en Amazonie, garantir aux femmes la liberté, l’égalité, la vie souvent.

Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. Ils en sont encore aux tout premiers chapitres d’une longue et fabuleuse épopée dont ils seront, non pas les rouages muets, mais au contraire, les inévitables auteurs.

Il faut qu’ils sachent que, ô merveille, ils ont une œuvre, faite de mille œuvres, à accomplir, ensemble, avec leurs enfants et les enfants de leurs enfants.

Quel plus riche héritage pouvons-nous léguer à nos enfants que la joie de savoir que la genèse n’est pas encore terminée et qu’elle leur appartient.

Qu’attendons-nous ? L’année 2014 ? La voici.

Mediapart, 1er janvier 2014 >>