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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

Se protéger des mangeurs de profils, avec le navigateur Vivaldi
Article mis en ligne le 4 mai 2021
dernière modification le 27 janvier 2021

Twitter et Facebook mettent dehors Trump et ses incitations à la violence. Soit. Mais ça se discute. Pendant quatre ans, les "fake news" n’ont pas dérangés les "majors".
La question des réseaux sociaux va enfin faire parler d’elle. Il était temps. Ça fait longtemps qu’ils polluent la circulation de l’information, sans aucune règle et dans un anonymat qui pose question.
Mais parallèlement, Facebook annonce qu’il met la main sur les données échangées sur Whatsapp et du coup, stimulé par une injonction ("Utilisez Signal") twittée par Elon Musk à ses 40 millions d’abonnés, les internautes se ruent vers Signal, cette messagerie sécurisée. [1]
Le public commence à en avoir vraiment marre de constater qu’on pille leurs données.
Certes Whatsapp ne s’approprie pas le contenu de nos messages, mais il se prépare à capter nos profils d’internaute au profit de Facebook, qui va les "manger" pour en faire une source de revenu. alors c’est le navigateur Vivaldi qui commence sa percée là où Google Chrome était en train de devenir monopolistique (avec 65% de la navigation mondiale sur internet).
Il était temps qu’on se bouge, et, oui, peut-être que ça commence à vraiment bouger...

Voici un interview instructif de patron de Vivaldi, Jon Von Tetzchner.

Jon Von Tetzchner : "le navigateur Vivaldi limite la création de profils d’internautes"

Par Renaud Labracherie (@RLesnumeriques) Publié le 01/05/20 - Édité par Constance Rumé

Alors que le navigateur Google Chome caracole en tête des statistiques depuis juillet 2012 (ordinateur / mobile) et s’octroie presque aujourd’hui un insolent 65 % de part de marché, les internautes n’ont jamais eu autant le choix pour surfer.

Est-il encore possible d’innover dans la longue liste des navigateurs disponibles sur le Web ? Ne serait-ce que pour offrir une alternative à Google Chrome...

En limitant les traqueurs lors des sessions de navigation, Vivaldi, avec la version 3, se positionne, en se centrant, comme beaucoup de navigateurs, sur le respect de la vie privée. Il se singularise avec d’innombrables options de personnalisation (possibilité de regrouper les onglets et de les disposer où bon vous semble ; d’un éditeur de notes intégré et d’un module de synchronisation des données pour retrouver vos préférences d’un ordinateur à un autre ou sur un smartphone Android, etc.).

Interview

Nous avons profité du déploiement de Vivaldi 3.0 le 22 avril 2020 pour interviewer Jon von Tetzchner, à la tête du projet depuis 2015, après son départ de la société en charge du développement du navigateur Opera.

Jon Von Tetzchner, PDG de Vivaldi

Les Numériques / Quelle est, pour vous, l’évolution principale de cette 3e version de Vivaldi, celle qui transformerait un utilisateur de Chrome en adepte de Vivaldi ?

Jon von Tetzchner / L’objectif de Vivaldi 3.0 est avant toute la protection de la vie privée. Nous sommes préoccupés par la quantité de données collectées sur les personnes utilisant Internet et l’utilisation de ces données pour mieux cibler les utilisateurs. Nous avions espéré que les gouvernements prendraient des mesures et empêcheraient les entreprises de le faire, mais comme ce n’est pas le cas jusqu’à présent, nous avons dû agir. Nous avons intégré le blocage des traqueurs, en utilisant la technologie DuckDuckGo tracker radar, ainsi que le blocage des publicités. Les utilisateurs peuvent donc reprendre le contrôle de la quantité d’informations qu’ils souhaitent partager et de la quantité de publicités qu’ils veulent voir. Ces technologies de protection contribuent à faire de Vivaldi le navigateur le plus respectueux de la vie privée. Nous ne créons pas de profils sur les utilisateurs et nous avons maintenant intégré des technologies pour empêcher d’autres personnes d’en créer sur eux. Vivaldi continue à offrir une multitude de fonctionnalités que l’on ne trouve pas dans d’autres navigateurs et j’invite les lecteurs à les essayer par eux-mêmes. Nous avons également amélioré une fonctionnalité majeure, la navigation spatiale, qui est unique à Vivaldi et vous permet de passer beaucoup plus rapidement d’un lien à l’autre sur une page en utilisant le clavier.

La technologie *DuckDuckGo tracker radar*, ainsi que le blocage des publicités contribuent à faire de Vivaldi le navigateur le plus respectueux de la vie privée.
Jon Von Tetzchner, PDG de Vivaldi

Il existe actuellement de nombreux navigateurs web, mais avec une part de marché de 65 % (mobile + bureau), Google Chrome domine largement le marché, ne laissant que quelques miettes à Safari et Firefox. Quel est votre objectif avec Vivaldi et quelle est votre stratégie pour l’atteindre ?

Notre objectif principal, en tant qu’entreprise, est de construire un navigateur génial ! Nous savons que nous sommes en concurrence avec de grandes entreprises, telles que Google, Microsoft et Apple, qui disposent de ressources illimitées. Nous sommes différents dans le sens où nous sommes plus centrés sur l’utilisateur et nous n’hésitons pas à créer des fonctionnalités utiles pour eux. Un certain nombre d’entre nous l’ont déjà fait auparavant, avec Opera, et nous pensons que beaucoup d’utilisateurs veulent voir un navigateur qui se concentre davantage sur les fonctionnalités utiles et moins sur la création de profils d’utilisateurs.

Une de vos nouvelles fonctionnalités est l’intégration de bloqueurs et de traqueurs de publicité. Cependant, de nombreux sites d’information tels que www.lesnumeriques.com dépendent, en partie, de la publicité. Nous savons que, par défaut, les gens vont bloquer toutes les publicités sans les traiter au cas par cas. Que dites-vous à ces rédactions ?

Malheureusement, de nombreux sites d’information de qualité ont déjà disparu derrière des murs de paiement (paywall). Le problème est le suivi et le profilage des utilisateurs. Dans les premiers temps de l’Internet, le marché de la publicité fonctionnait avec des publicités diffusées en fonction du contenu des sites, et non du lecteur. Les annonceurs faisaient de la publicité auprès d’un certain public et savaient où le trouver. Avec le changement du modèle publicitaire, basé sur une surveillance massive des utilisateurs sur Internet, la valeur de ces spots publicitaires a diminué, car il y a beaucoup plus de spots publicitaires, dont beaucoup sont de mauvaise qualité. En fait, le nouveau modèle publicitaire a permis aux faux sites d’information et de propagande de se développer plus facilement. Je recommande donc au gouvernement d’intervenir et de mettre fin au suivi et à la création de profils. Malheureusement, cela n’a pas été fait. Nous avons donc ressenti le besoin de faire quelque chose pour défendre nos utilisateurs. En même temps, le bloqueur de traqueurs et le bloqueur de publicités sont désactivés par défaut et les utilisateurs devront l’activer. Il faut espérer que beaucoup d’utilisateurs n’activeront que le blocage des traqueurs.

De nombreux navigateurs proposent de respecter la vie privée. En quoi Vivaldi est-il meilleur que Brave ou Firefox sur cette question ?

Ce qui est unique à Vivaldi, c’est que nous ne créons pas de profils sur nos utilisateurs. Ni dans le nuage, ni localement. Certains présentent des annonces locales, basées sur le profilage des utilisateurs, comme étant meilleures. Nous ne sommes pas d’accord avec cela. Nous pensons que le profilage doit cesser.
Quel est le modèle économique de Vivaldi ? Est-il en croissance ? Êtes-vous rentables ? Combien d’utilisateurs avez-vous ?

Notre modèle commercial est basé sur les revenus de la recherche et certains de nos signets génèrent des revenus, si les utilisateurs décident d’utiliser ces services. Nous ne sommes pas encore rentables et nous avons actuellement une base d’environ 1,5 millions d’utilisateurs.

L’arrivée d’une version Android est un grand pas en avant. Prévoyez-vous une version pour iOS ?

La version Android est en effet très importante pour nous. Il y a aujourd’hui plus d’utilisateurs actifs sur les mobiles que sur les ordinateurs de bureau, mais la plupart ont les deux et le fait d’avoir la possibilité d’avoir le même navigateur sur toutes les plateformes, y compris la synchronisation des données, est très intéressant. Nous avons décidé de nous concentrer d’abord sur Android, car c’est une plateforme plus facile à développer, en raison des limitations d’Apple, et parce que 80 % des utilisateurs sont sur Android. Nous avons l’intention de prendre également en charge iOS à l’avenir.
(NB. C’est fait depuis le 8 janvier 2021)

Que manque-t-il à Vivaldi pour être un navigateur parfait ? Quelle est votre vision des navigateurs web ? Ne pensez-vous pas que l’intégration d’applications comme la suite Google est essentielle ?

Nous cherchons toujours à nous améliorer, sur la base des commentaires de nos utilisateurs. Nous avons également de grands projets pour aider les gens à s’éloigner des grandes entreprises. Nous travaillons donc sur notre propre client de messagerie et de calendrier, que nous espérons vous montrer bientôt.

Lire la page originale ici sur le site "Lesnumériques.com"