Quand école et entreprise travaillent ensemble
Article mis en ligne le 27 juin 2021
dernière modification le 29 juin 2021

La Fondation pour l’enseignement fait sa priorité de l’orientation positive et des parcours qualifiants.

Monique Baus

Extraits

La Fondation pour l’enseignement, c’est une coupole qui rassemble les patrons de l’école et ceux de l’entreprise. On y retrouve les cinq fédérations de pouvoirs organisateurs (WBE, Segec, Felsi, Cpeons et CECP), Beci, l’Union wallonne des entreprises et les fédérations sectorielles (Agoria, Essenscia, Fevia et la Confédération de la construction).
Objectif : améliorer l’équité et la qualité de l’enseignement obligatoire en renforçant les ponts avec l’entreprise. À mi-mandat, le président Thierry Castagne formule, pour La Libre, plusieurs recommandations concernant ses trois chantiers prioritaires.

Orientation positive

Le travail d’orientation est un processus long. Dans ses recommandations, la Fondation pour l’enseignement suggère que chaque école nomme une personne-ressource en la matière et que des étapes obligatoires d’orientation figurent dans le parcours de chaque élève, avec un focus particulier sur la transition secondaire-supérieur.

Sans attendre l’implémentation du tronc commun complet, un gros travail d’information est dès à présent réalisé. "On a, d’un côté, des jeunes parfois en perte de sens et, de l’autre, des secteurs en demande qui peinent à trouver certains profils", constate encore le président.

L’alternance dans les écoles de plein exercice ?

Le second axe de travail prioritaire vise à renforcer les parcours d’enseignement qualifiant. "Pour lutter contre le décrochage dans cette filière, il faut continuer à améliorer la qualité de ces parcours. L’idée est de travailler sur une approche triale : avec l’école, bien sûr, qui reste maître d’œuvre du projet de l’élève, l’entreprise, et un centre de technologie avancée ou centre de compétences."

Les centres de technologie avancée liés aux réseaux d’enseignement, les 24 centres de compétences wallons et les 5 centres de référence bruxellois constituent dès lors des intermédiaires intéressants. "On y a droit à l’erreur, le coaching est suivi, ce qui est parfois compliqué dans les entreprises où le travail doit se poursuivre et où il faut aller vite, relève le président de la Fondation pour l’enseignement. "De plus, chaque entreprise ne dispose pas de toutes les dernières technologies. Les centres, si. Les élèves peuvent s’y exercer."
Autre idée pour améliorer les parcours qualifiants : organiser l’alternance dans plusieurs entreprises au lieu d’une seule comme aujourd’hui ou, encore, développer l’alternance dans les écoles de plein exercice.

Concrètement, l’opération consiste à travailler sur des compétences transversales telles que la confiance en soi, la découverte des métiers et la mise en projet, dès la 3e secondaire : un moment clé dans le parcours qualifiant. Elle permet de renforcer l’accrochage scolaire dans l’enseignement qualifiant d’élèves souvent déjà fragilisés, parfois arrivés là pour de mauvaises raisons, et que la crise sanitaire a encore particulièrement impactés.

La fin du cloisonnement des carrières ?

"Beaucoup d’écoles manquent de professeurs, regrette Thierry Castagne. Il faut en faire venir vite, alors pourquoi pas du monde de l’entreprise ?" Assouplir l’accès aux classes lui semble une évidence, moyennant une formation pédagogique adaptée. Et la créativité n’est pas interdite. "Le cloisonnement des carrières n’est plus l’avenir". Toutes sortes de formules (à temps partiel, en alternance…) sont donc en réflexion.

À ce propos, la Fondation pour l’enseignement a analysé les principaux freins qui brident aujourd’hui ce type de mobilité. Du coup, elle recommande d’améliorer l’image du métier d’enseignant et de pouvoir prendre en compte l’expérience acquise en entreprise dans le calcul de l’ancienneté.

Monique Baus
Publié dans La Libre le 11-04-21