Sagesses soufies - Sources d’inspiration pour l’humanité
Article mis en ligne le 19 septembre 2020
dernière modification le 23 septembre 2020

14 siècles d’héritage spirituel.

Depuis une vingtaine d’années, Catherine Touaibi, spécialiste en communication et photographe-reporter, a visité et répertorié plus de 200 mausolées soufis dans une quinzaine de pays. Témoin d’une spiritualité vivante autour de ces sites, sa collection de photos est aussi remarquable que surprenante. On y trouve de véritables trésors du patrimoine de l’humanité.

J’ai rencontré Catherine Touaibi en juillet 2009, à Mostaganem en Algérie, à l’occasion du centenaire de la confrérie soufis Al Alawiya. (Voir les articles que j’ai publié à cette occasion dans Larcenciel ->. )
Photographe de talent, elle exposait (déjà !) ses photos de mausolées musulmans visités un peu partout dans les pays de l’Islam.
Sa gentillesse et son ouverture m’avaient conquis. Je n’ai toutefois jamais eu l’occasion de la revoir, ni en Suisse, où elle réside, ni ailleurs.
Et voilà que je la re-découvre grâce au magnifique site internet qu’elle vient de créer et qui propose ses découvertes, ses rencontres et ses photos.

Je vous propose ci-dessous quelques extraits de son site, en vous invitant à le parcourir en entier. Ce sera pour vous, comme ça l’a été pour moi, une heure de découvertes et de profonde sagesse.

Son site internet propose de façon inédite un voyage virtuel à la découverte des grands maîtres du soufisme sur une période de 14 siècles allant du Maroc à la Chine, en passant par l’Asie centrale, la Perse, la Turquie et l’Egypte.
L’Association Sagesses Soufies a pour objectif de mettre en valeur les sagesses du monde comme sources d’inspiration pour l’humanité.

Présidente et fondatrice de l’Association, Catherine Touaibi souligne combien les valeurs humaines sont essentielles au bon fonctionnement de la société. "Il est important de donner une place au sacré, à la générosité, à la solidarité et à la beauté."

"Je me réjouis de cette initiative car rassembler l’héritage spirituel soufi pour le restituer dans sa beauté à toute l’humanité, est une noble mission qui peut nourrir les consciences." (Cheikh Bentounes, Leader spirituel de la Voie soufie Alâwiyya, initiateur de la Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix)

"Les soufis ont laissé un précieux héritage spirituel à l’humanité et certains parmi eux sont très connus, tels Rûmî (m. 1273) et Ibn Arabî (m. 1240) - des contemporains de St-François d’Assise (m. 1226) - ou l’Emir Abd el-Kader (m. 1883) qui a sauvé plus de 15.000 Chrétiens à Damas. D’autres méritent d’être davantage connus comme le Cheikh al-’Alâwî (m. 1934), dont l’UNESCO a célébré le 100ème anniversaire de l’ordre soufi en 2015.
La sagesse universelle transmise à travers l’enseignement des maîtres soufis est aujourd’hui de toute actualité et représente une source d’inspiration pour l’humanité en quête de spiritualité et de paix." (Catherine Touaibi · Présidente & Fondatrice · Association Sagesses Soufies)


EXTRAITS du site Sagesses Soufies

Farid ud-Dîn Attâr, Poète et Parfumeur

Né en 1174 à Nishâpur, Iran
Mort en 1248 à Nishâpur, Iran

Attâr est considéré avec Rûmî comme l’un des plus grands mystiques soufis de la Perse médiévale. Il exerce la profession de parfumeur et il est également un poète qui a produit une œuvre incomparable « Le langage des oiseaux ».

L’oeuvre essentielle d’Attâr s’intitule Le langage des oiseaux, en persan Manteq ut Tayr. Ce chef d’oeuvre de la littérature persane, écrit en vers, raconte le voyage initiatique d’un groupe de trente oiseaux, guidé par la Huppe, à la recherche de Simorgh, le Roi des oiseaux.

(Voir, par exemple, ATTÂR Farid ud-Dîn, La conférence des oiseaux, Adaptation Henri Gougaud, d’après la traduction du persan de Manijeh Nouri, Paris, Editions du Seui, 2002)


Sayyida Aïsha al-Mannûbiyya - La Sainte de Tunis

Née v. 1198 à La Manouba,Tunisie
Morte en 1267 à Tunis, Tunisie

Lalla Aïsha al-Mannûbiyya est aujourd’hui la Sainte la plus vénérée de Tunisie. Elle est née à La Manouba, un village situé à 6 km de Tunis. Dès son plus jeune âge, elle est « ravie en Dieu » et même considérée comme folle par son entourage.


Djalâl ud-Dîn Rûmî – La voie de l’Amour

Né le 30 septembre 1207 à Balkh, 
Afghanistan
Mort le 17 décembre 1273 à Konya, Turquie

Considéré comme l’un des plus grands poètes, philosophes, érudits de langue persane et maîtres spirituels, Djalâl ud-Dîn Rûmî est né en 1207 à Balkh au Khorassan, dans l’actuel Afghanistan.

En 1244, alors qu’il sort de son collège avec ses étudiants, Rûmî rencontre un mystérieux derviche errant, Shams de Tabrîz.
cette entrevue avec Shams qui signifie soleil bouleverse totalement la vie de Rûmî qui devient son disciple. Shams, âgé d’une soixantaine d’années, est un éveilleur de conscience.
Suite à la disparition mystérieuse de Shams – on pense qu’il aurait été assassiné par jalousie par des disciples de Rûmî – ce dernier demeura longtemps inconsolable. Lorsqu’il comprit qu’il ne retrouvera pas Shams vivant, il découvre enfin qu’il saura toujours le trouver dans son cœur.
C’est à ce moment-là qu’il institua le Sema (danse spirituelle, perpétuée jusqu’à aujourd’hui par les "Derviches tourneurs") ; son fils Sultân Valad le dépeint ainsi : « Jamais il ne cessait un instant d’écouter la musique et de danser. Il ne se reposait ni jour, ni nuit. Il avait été un savant : il devint un poète. Il avait été un ascète : il devint enivré d’amour. Non du vin de raison : l’âme illuminée ne boit que le vin de la Lumière. »

Il existe de nombreux points communs entre Rûmî et saint François d’Assise, mort en 1226, lorsque Rûmî avait 19 ans : l’amour de la poésie, de la nature, des animaux, des pauvres, la simplicité, le lien avec le cosmos.

Rûmî est l’incarnation de la religion de l’amour, de la paix et la beauté. Selon lui, toute la beauté que nous voyons dans ce monde est le reflet de la beauté divine.


Cheikh Ahmad al-’Alâwî – La voie vers la Paix

Né le 13 octobre 1869 à Mostaganem, Algérie - Mort le 14 juillet 1934 à Mostaganem, Algérie
Fondateur de la confrérie Alâwiyya

L’héritage spirituel qu’il a légué à l’humanité surprend encore aujourd’hui par son actualité et son universalité. L’école de pensée qu’il a revivifiée s’adresse au-delà du monde musulman à l’humanité tout entière. Elle invite à rétablir l’équilibre entre le sacré et le profane et à emprunter une voie d’amour, de réconciliation avec soi-même, les autres et l’environnement afin de vivre en paix.
 
Son arrière-petit-fils, le Cheikh Khaled Bentounes, Leader spirituel de la Voie soufie Alâwiyya, Président d’honneur d’AISA ONG Internationale, est l’initiateur de la Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix, adoptée par l’ONU et célébrée chaque année le 16 mai.
— Catherine Touaibi

A propos du cheikh-al-alawi, voir aussi dans l’arcenciel, cet article datant de 2018 : Dans l’intimité du Cheikh al-Alawi (Témoignage du Docteur Carret)
https://larcenciel.be/1012-dans-l-intimite-du-cheikh-al-alawi