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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

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Réseau Volontaire d’asile - Quelques extraits d’une synthèse de Nathalie Mélis
(Plateforme Francophone du Volontariat)
Article mis en ligne le 17 novembre 2018

« La figure romantique de l’exilé a cédé progressivement la place à celle de l’indésirable. Si les idéaux universalistes prônés par les Occidentaux après-guerre pour des raisons politiques ont permis l’exil, les années 1990 marquent un véritable tournant : l’asile devient un poids, celui de la « misère du monde » et une menace. Et l’exilé reste cantonné à des espaces à part, hors de la société. » (Agier 2011)</quote

Quand la Plateforme Francophone du Volontariat (PFV) lance le réseau en 2016, certains demandeurs d’asile cherchent spontanément à mettre la main à la pâte, parce que c’est dans leur nature, par passion, pour s’occuper ou pour retrouver un peu de dignité. Mais une série d’obstacles viennent freiner leur démarche : difficultés de langue, manque de moyens, chocs culturels, préjugés, manque d’information des travailleurs des centres, ... Ce n’est pas tout : les aléas de la procédure d’obtention du séjour et les impératifs de la vie en centre d’accueil viennent encore compliquer leur désir de participer. Car le séjour en centre relègue le demandeur d’asile à une période d’attente aux bords de la société belge.

Paradoxalement, c’est donc aussi à cause des conditions d’accueil que le demandeur d’asile pourrait trouver son compte dans le volontariat, en tant qu’activité libre, en dehors du centre. Mais aussi parce que s’engager c’est faire avec, être avec, appartenir, transformer, donner du sens, participer.
Et si l’objectif numéro un de nombreux demandeurs d’asile est de trouver du travail pour pouvoir s’installer durablement, ces personnes, comme tout un chacun, cherchent aussi à donner sens à leur quotidien, retrouver un peu de dignité et d’humanité, un rythme, des rôles, déployer leurs talents, construire une histoire qui leur ressemble, grâce à des activités personnalisantes” comme par exemple, le volontariat.
(Introduction, p. 4)

Savoirs (p. 12 et 13)

Les demandeurs d’asile vivent un nouveau départ. Ils doivent trop souvent oublier leurs rêves professionnels parce que leurs diplômes ou leur expérience ne sont pas reconnus en Belgique. Dans ce contexte, le volontariat peut devenir un espace d’apprentissage et d’expérimentation, mais aussi de révélation de savoirs peu valorisés en termes de compétences. Pierre Jérémie Piolat a participé au groupe de travail sur les centres d’accueil en qualité de regard extérieur :

« Il y a d’autres formes de savoir qui ici ne sont pas reconnus, comme des savoirs au sens intellectuel du terme. Par exemple, ceux de la population qui vient du monde rural. Quand je donnais des cours dans des CPAS, j’ai eu affaire à des agriculteurs ou des bergers. Ils construisaient toute leur cosmologie, leur conception du monde, leur philosophie, à partir de cette relation à l’environnement. Je trouvais que c’était fou que les CPAS ne puisse pas leur proposer quelque chose qui mobilise un des éléments auxquels ces personnes étaient attachées. C’est plus qu’une reconnaissance de compétences, c’est reconnaître que la personne porte une vision de la vie, une philosophie à partir de cette expérience. Il ne s’agit pas de l’essentialiser par rapport à ça, la personne est aussi autre chose et va devenir autre chose. Mais c’est important qu’elle se sente reconnue en tant que porteuse de savoir, elle n’est pas juste un analphabète qui ne sait rien. La culture paysanne est une culture extrêmement complexe dans le rapport à l’environnement. Et la société dépend notamment de l’écoute de ces savoirs, de ce qu’on appelle le vivre avec, le rapport au non-humain, ... »

PIERRE JÉRÉMIE PIOLAT – UCL – rencontre Volonterre d’asile du 02/10/2017.


La part des associations (p. 30 et 31)

Au départ, il y a eu une déclaration d’intention de la Province de Namur (Plan Provincial et Local d’Intégration), faite avec le CAI (Centre d’Action Interculturelle de Namur), sur la volonté d’inclure la diversité dans le travail de la Province.

Le Plan de Cohésion Sociale de Florennes, dans le cadre d’un projet destiné à “réveiller la participation citoyenne”, il y a quelques années, a fait un appel à la population.

« Ceux qui ont répondu le plus vite c’étaient les demandeurs d’asile. Heureusement qu’ils sont là ! Ce qui me permet aussi de défendre leur présence à Florennes et de les intégrer à la vie florennoise. »

Leur aide fut ensuite régulièrement sollicitée pour des événements communaux, à la bibliothèque, pour traduire les visites guidées des nouveaux habitants, ...

Il existe autant de volontariats que de volontaires. La difficulté de faire converger les offres et les demandes de volontariat est récurrente dans le secteur du volontariat en général.

Depuis les débuts du réseau, des volontariats ont été expérimentés par des demandeurs d’asile dans toutes sortes d’associations et institutions et de fonctions. A titre d’exemple : coaching sportif, cuisine, musique, potager, service de repas, logistique festivals ou événements, réparation informatique, interprétariat, nettoyage, coiffure sur festival, aide aux soins de personnes âgées, distribution de paniers de légumes, tri de matériel de soin, gardien de musée, montage d’expositions, service en bibliothèque, écriture de blogpost, reportage journalistique, montage vidéo, helpdesk informatique, collecte de témoignages, aide à la communication, support IT et travaux de recherche, réflexion sur la politique migratoire, tâches administratives, design, réparation de vélos ou de matériel informatique, animation en école de devoirs, aide à la recherche de logement, aide accueil petite enfance, logistique association (déménagement, petits travaux, ...), ...

L’intérêt des associations

On a vu les gains que le demandeur d’asile peut trouver dans le volontariat. Les associations aussi peuvent y trouver leur compte. Le volontariat des demandeurs d’asile peut au même titre que celui de toute personne issue de l’immigration apporter un vrai plus à l’association en termes de diversité, de langues, de savoirs et de compétences, d’expertise de l’exil, de proximité avec les publics et la réalité sociétale, de participation à la cohésion sociale locale, de nouvelle « réserve de volontaires », de miroir des pratiques. Car un migrant peut, dans le quotidien d’une association, apporter à chacun des couches supplémentaires dans les processus de réalité et élargir les processus de construction de l’altérité.

Extraits de
La facilitation du volontariat des demandeurs d’asile en Wallonie et à Bruxelles
Intérêt, enjeux, récits et outils

Nathalie Mélis, 2018
Plateforme francophone du volontariat

webfacilitationduvolontariatdesda25oct18.pdf

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