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"95 % des chômeurs voient leurs risques de dépression et de délitement social diminuer" (Emilie Schmitt, cofondatrice d'Activ'Action) - [LARCENCIEL - site de Michel Simonis]
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Michel Simonis

"95 % des chômeurs voient leurs risques de dépression et de délitement social diminuer" (Emilie Schmitt, cofondatrice d’Activ’Action)
Article mis en ligne le 15 décembre 2022
dernière modification le 19 décembre 2022

Emilie Schmitt a cofondé Activ’Action qui aide des chômeurs en détresse.

Se retrouver au chômage et en subir les "conséquences négatives", ce fut le point de départ de la création d’Activ’Action qu’elle a cofondé avec Fabien Schmitt rencontré pendant son service civique.

18 juin 2022

Emilie Schmitt (Activ’action) - document La Libre Belgique

Ce dernier partageait avec elle "ce constat que les jeunes sont victimes de stéréotypes du type : ce sont des fainéants.” Ils se sont dit qu’il fallait créer un "espace" où chaque participant pourrait discuter "de tout ce qu’il vivait mal." "À l’époque, on ne parlait pas des coûts du chômage, notamment en nombre de morts. Une étude de Michel Debout, psychiatre et professeur de médecine légale a pourtant chiffré le nombre de morts liés au chômage de 10 à 14 000 par an en France. C’est trois fois plus que pour les accidents de la route. Il faut aussi prendre en compte tous les risques de dépression ou de divorce. Des études scientifiques ont montré que la perte de son emploi pouvait conduire à un changement de personnalité. Elle peut avoir un effet de délitement social", explique Emilie Schmitt.

Les trois cofondateurs voulaient trouver une solution à ce problème de déstructuration de la personnalité et de dégradation des compétences. Ils voulaient accompagner les chômeurs pendant un temps qui se veut "constructif."
C’est dans cet état d’esprit que le premier atelier est créé le 4 juin 2014. Un an après, l’association basée à Strasbourg voyait le jour.

“Raconter son vécu, ça parle aux gens."

Après une première année "très compliquée" puisqu’ils étaient tous les trois sans emploi et sans ressources personnelles, des inconnus, qui avaient découvert l’association via le site, se sont proposés spontanément. Au troisième, "il n’y avait pas assez de chaises pour asseoir tout le monde. Raconter son vécu, ça parle aux gens."

"Une fois qu’on a prouvé qu’on avait une vision, le financier a suivi." L’association a notamment bénéficié du Fonds social européen et puis du mécénat privé.
Huit ans plus tard, l’association compte 50 salariés et une cinquantaine de bénévoles réguliers. Une antenne est en train de s’ouvrir à Bruxelles, avec l’aide d’Actiris. "On ne recrute pas le personnel sur le niveau de diplôme mais sur le potentiel. Dans notre staff, il y a autant de diplômés de grandes écoles que des personnes qui ont juste le bac."

La "méthodologie est unique”. Elle "se focalise sur un répertoire des 15 compétences comme l’aisance à l’oral, le travail en équipe, l’écoute active, etc., primordiales pour le monde d’aujourd’hui et les challenges de demain."

Diminution des risques psychosociaux

Depuis que l’association française Activ’Action a été créée en 2014, elle a épaulé 21 000 personnes (dont 75 % de femmes) qui avaient perdu leur emploi  ; 60 à 70 % d’entre elles ont retrouvé un job ou lancé leur propre entreprise. "Mais ce n’est pas le chiffre le plus pertinent. Ce qui est le plus important, ce sont les 95 % d’entre elles dont les risques psychosociaux liés au chômage ont diminué", explique la cofondatrice, Emilie Schmitt.

L’ancienne chômeuse cite la fameuse phrase d’Oscar Wilde : "Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles"

La Libre, Ariane van Caloen, Publié le 18-06-2022