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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

Dépasser la "transition écologique"
Christian Arnsperger, FNRS et UCLouvain
Article mis en ligne le 2 mai 2010
dernière modification le 8 juin 2012
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Il faudra aller bien plus profond qu’une transition écologique. Nous avons besoin d’une véritable transition économique. Le capital doit servir la convivialité ; l’argent ne doit pas se multiplier à l’infini à nos dépens.

Cette phrase est extraite d’un petit écho paru dans la Libre du 20 mars dernier :

"L’enjeu du siècle n’est pas seulement la "transition écologique" de notre économie". Là-dessus, tous les partis sont d’accord. Promouvoir une économie plus verte, concilier croissance et environnement, profit et nature, c’est devenu une banalité au centre-droit comme au centre-gauche.
Ce discours est déjà démodé, parce qu’il n’atteint pas le cœur du problème. Ce qui choque de plus en plus de citoyens, c’est le gaspillage (souvent peu visible) de vies humaines. Un travailleur n’est pas une ressource. Le personnel n’est pas là pour servir la capitalisation d’une entreprise, c’est à l’entreprise de promouvoir le développement humain de son personnel. Une ville ou une région, non plus, n’est pas une ressource.
Les communautés locales ne sont pas là pour "attirer des investisseurs" ; c’est aux investisseurs de promouvoir le développement social et culturel des localités où ils s’implantent. A quoi bon créer des emplois "verts" et "non délocalisables" si les travailleurs peuvent être achetés et revendus comme une simple matière première ? Il faut que nos emplois soient ancrés dans un tissu économique local réellement résilient.
La logique globalisée du capitalisme, elle, fragilise sans cesse davantage nos entreprises. Il faudra aller bien plus profond qu’une transition écologique. Nous avons besoin d’une véritable transition économique. Le capital doit servir la convivialité ; l’argent ne doit pas se multiplier à l’infini à nos dépens.
Donc, sortons progressivement du capitalisme et imposons de nouveaux critères collectifs de mesure de la valeur. Les maîtres mots de notre avenir sont : déglobalisation, démocratie économique, économie sociale et solidaire, production sans productivisme, capital sans capitalisme.

http://www.lalibre.be/economie/libre-entreprise/article/570349/depasser-la-transition-ecologique.html

Voir aussi le Blog de Christian Arnsperger : www.transitioneconomique.blogspot.com

Et aussi :
La présentation du dernier livre de Christian Arnsperger "Éthique de l’existence post-capitaliste. Pour un militantisme existentiel"
par Eric Bellefroid, mis en ligne par La Libre le 30/11/2009.

Demain, après le capitalisme

Éric de Bellefroid

Le Pr Christian Arnsperger envisage une nouvelle éthique existentielle.

Nous souvient-il, il y a plus d’un an déjà ? Un capitalisme débridé, qui prospérait depuis trop longtemps sur des produits financiers toxiques et malsains, émettait les signes et les sons d’un lourd craquement. Celui d’un paquebot qui se froisse et se déchire, et l’on avait en mémoire le naufrage du "Titanic".
Il se fit jour alors quantité d’interprétations d’un ordre conjoncturel. Tandis que certains économistes ou philosophes, doués d’un regard un peu plus perçant à travers le brouillard, s’appliquèrent à livrer une version résolument endémique de la crise.

Économiste de l’Université de Louvain (UCL), Christian Arnsperger n’avait pas attendu le choc fatal de 2008 pour publier, avec un large succès, une "Critique de l’existence capitaliste : Pour une éthique existentielle de l’économie" (Éd. du Cerf, 2005).

Au carrefour de la philosophie et de l’anthropologie, de l’éthique et de la métaphysique, le Pr Arnsperger dispense depuis quelques semaines une lecture complémentaire de cet ouvrage, prolongé en effet d’une "Éthique de l’existence post-capitaliste : Pour un militantisme existentiel". Un livre d’un entendement certes ardu, mais qui atteint dès les premières lignes au cœur même de l’esprit.

La thèse-clé de Christian Arnsperger se dévoile d’emblée : "L’après-capitalisme ne saurait être économique et politique sans être, en même temps, anthropologique". Car il en irait forcément d’une "réorientation de civilisation" qui passerait par un travail spirituel et politique de chacun de nous sur lui-même. Ce ne sont pas, insiste-t-il, les grandes idées qui manquent actuellement, mais bien "la volonté politique d’un changement anthropologique radical".
Il va de soi, le Pr Arnsperger n’entend pas ressusciter les vieux démons d’un collectivisme effondré à l’automne 1989, même s’il en demeure çà et là de vivantes métastases - l’on songe évidemment à la Chine. Il espère de préférence repenser une social-démocratie qui, sous la contrainte du capitalisme, aurait perdu son souffle prophétique depuis plus de trente ans.

Ce qu’il propose en définitive, c’est un libéralisme existentiel ancré dans la ligne d’une critique sociale chère à Ivan Illich par exemple, et dont les règles et institutions refuseraient la réponse capitaliste à nos angoisses de mort. Une nouvelle "culture contre-capitaliste" donc, qui ne renouerait en aucun cas avec les naïvetés des années 1970 et n’abolirait pas davantage "un principe de croissance [qui] ne saurait être mis en question".

"Quelque chose doit croître, toujours et sans cesse, si la mort doit être portée et traversée autrement que dans l’abattement nihiliste le plus absurde." S’il existe des consommations aliénantes, il s’en trouve aussi qui libèrent. Mais il faudra en réinventer les objets. C’est ici alors que Christian Arnsperger réexamine lucidement la triade du besoin, de l’envie et du Désir. En vue, il est vrai, d’une redistribution rigoureusement égalitaire.

Éthique de l’existence post-capitaliste. Pour un militantisme existentiel,
Christian Arnsperger Cerf, coll. "La nuit surveillée" 310 pp., env. 23 €

LLB, Mis en ligne le 30/11/2009
http://www.lalibre.be/culture/livres/article/546168/demain-apres-le-capitalisme.html




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