LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

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nos vieux “ordis” en outils de développement
Article mis en ligne le 8 août 2018
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Créée il y a 15 ans, cette entreprise sociale belge s’est donné pour mission de faire le lien entre nouvelles technologies et coopération au développement. 
Rencontre avec son fondateur-directeur à Nairobi.
Extraits d’in reportage de Pierre-François Lovens, dans LLB - Inspire n° 49

Close the Gap, qui aime s’afficher en tant qu’entreprise sociale, compte actuellement des projets dans vingt-deux pays africains (avec une majorité en Afrique de l’Est).
Close the Gap a commencé par mettre en place une filière de récupération d’ordinateurs auprès de grandes entreprises actives dans Benelux pour les envoyer en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud, après un reconditionnement minutieux des PC (suppression des données, réparation, nettoyage, etc.). “A ce jour, Close the Gap a déjà pu acheminer plus de 700 000 ordinateurs, dont la grosse partie en Afrique”, précise Olivier Vanden Eynde, qui a créé Close the Gap, (initié, avec trois autres étudiants, sous la forme d’une “mini-entreprise” durant ses études). “J’avais la conviction que les nouvelles technologies du numérique allaient devenir rapidement un outil très efficace pour accélérer la lutte contre la pauvreté dans différents domaines, notamment dans l’éducation et l’entrepreneuriat”, nous a-t-il confié lors de cette mission dans la capitale kényane.

A chaque fois, l’association trouve un ou plusieurs partenaires locaux pour intervenir.“Depuis nos débuts, on a voulu se démarquer de la logique du “donateur/bénéficiaire” pour entrer dans une logique de partenariat. D’égal à égal”, explique son fondateur.

Ce sont, par exemple, les partenaires locaux qui gèrent toute la chaîne de valeur : depuis l’importation des ordinateurs jusqu’à l’installation, la maintenance et la formation du personnel de support.

Close the Gap et l’ASBL Startups.be ont emmené des ONG belges et des start-up à Nairobi pour leur montrer que des solutions numériques répondaient déjà à de nombreux besoins de base (enseignement, soins de santé, agriculture, entrepreneuriat,…).

“Les entrepreneurs africains parviennent, avec des moyens bien plus réduits que les nôtres, à développer des solutions bien plus innovantes. C’est ce qu’on appelle l’innovation frugale (Bart Cornille, expert en “transformation digitale”, qui a vécu plusieurs années en Afrique et, notamment, à Nairobi) .

Et ce, de façon souvent très innovante et avec un impact tangible sur la vie quotidienne des populations, notamment au sein du monde rural, que ce soit en matière d’accès à l’énergie solaire, aux micropaiements mobiles, à l’e-commerce, à l’éducation en ligne.

“Mon rêve est de sortir du Kenya pour faire profiter d’autres pays africains de ce que nous avons réalisé ici, à Nairobi”, dit-il, saluant le soutien apporté par Close the Gap et son association sœur, WorldLoop, active dans le recyclage des déchets électroniques.

Un recyclage minutieux

Dans son action d’acheminement d’ordinateurs vers le Kenya, Close the Gap s’est assuré qu’ils ne termineraient pas leur vie dans des décharges locales. Les différents composants (batteries, câbles, pièces de plastique, métaux,…) sont extraits et répartis soigneusement dans de grands bidons. Certains métaux et matières dangereuses seront renvoyés vers l’Europe.
Dans un espace mitoyen, quelques personnes sont occupées à achever le reconditionner d’ordinateurs avant leur envoi dans des écoles du Kenya. Un local est aussi prévu pour organiser les formations des professeurs qui seront responsables du matériel informatique dans ces écoles.

Amener la formation dans les zones rurales : Le "Digitruck", une classe mobile 100% verte

Le DigiTruck est un énorme conteneur, de 12 mètres sur 3, transformé en classe mobile connectée. On peut y accueillir 20 ordinateurs de bureau et autant d’élèves. Cerise sur le gâteau : sur le toit du DigiTruck, on a installé des panneaux solaires afin de le rendre autonome en électricité.

le DigiTruck

C’est le septième du genre que Close the Gap et ses partenaires inaugurent en Afrique. “Avec ce type de camion, on va pouvoir aller à la rencontre de populations installées dans des zones rurales pus éloignées et leur proposer des initiations ou des formations aux outils numériques”, explique Olivier Vanden Eynde.

Chaque élève ou professeur est accompagné d’un formateur pour son apprentissage des outils numériques.

Ces trois dernières années, Close the Gap a entamé une réorientation progressive de son action. En gros, l’ASBL belge ne veut plus se limiter à la seule livraison d’ordinateurs. “Pendant de nombreuses années, on a déplacé des boîtes dans lesquelles on mettait des ordinateurs. Aujourd’hui, on veut aussi équiper ces ordinateurs avec des solutions qui répondent aux besoins locaux”.

Soutenir l’émergence d’écosystèmes locaux

Dans cet esprit, Close the Gap a noué un partenariat avec “Nailab”, un incubateur pour start-up situé au cœur de Nairobi. “Nos partenaires belges et hollandais sont en fait amenés à financer des “challenges” lors desquels des entrepreneurs kényans se réunissent pour trouver des solutions innovantes aux problèmes auxquels les populations locales sont confrontées”.

Un bon exemple est celui de Kytabu, une start-up fondée par Tonee Ndungu. Ce jeune entrepreneur a développé une application pour tablette qui permet d’accéder facilement, et à un prix très abordable, à des contenus éducatifs.Derrière cette nouvelle orientation stratégique, Close the Gap entend venir davantage en soutien d’écosystèmes locaux qui soient durables.

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Photos Pierre-François Lovens