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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

Sarayaku :
José Gualinga en Belgique en ce printemps 2008
Article mis en ligne le 6 avril 2008
dernière modification le 22 avril 2012
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La rencontre, il y a quelques semaines, de José Gualinga, pour le moment en Belgique, m’a fait prendre conscience encore un peu plus de ce qui se joue à Saryaku, et de la signification profonde de la Frontière de Vie, qui touche toute l’organisation sociale et les projets d’avenir de la communauté. José a voulu me faire comprendre que la Frontière de Vie nous concerne tous, dans notre vie, dans notre mode de pensée, dans notre ouverture à la dimension sacrée des êtres vivants et de la nature.

Quand les firmes pétrolières ont commencé à forer dans le territoire des Indiens, ceux-ci ont ressenti cela dans leur propre corps, qui fait un avec la terre. José me dit que c’est une atteinte à l’existence même des Indiens. Vous devez comprendre, vous Occidentaux, me dit-il, que nous faisons un avec la terre et que si on exploite le pétrole sur notre terre, nous allons disparaître, parce que c’est notre identité indienne qui sera atteinte, donc notre identité tout court.

LE PEUPLE KICHWA DE SARAYAKU

Sarayaku est un village indien situé au cœur de l’Amazonie équatorienne. Environ 1200 habitants y vivent encore de façon traditionnelle, de chasse, de pêche, d’agriculture et d’élevage.

Ils se nomment le peuple Kichwa de Sarayaku et sont les voisins d’autres peuples indiens comme les HUARORANIS, les SHUARS, ASHUARS, etc…
Le peuple Kichwa de Sarayaku vit sur les berges du fleuve Bobonaza, dans la province de Pastaza. Il gère environ 135.000 hectares de territoires ancestraux dont il a obtenu de l’état équatorien les titres de propriété collective.

Jusqu’à aujourd’hui, il dépend entièrement pour ses ressources de la forêt tropicale. Il utilise toujours les plantes alimentaires, médicinales, ornementales, rituelles et construit en bois les maisons, les pirogues, les objets utilitaires et les outils.

Sarayaku possède son propre mode de gouvernement traditionnel basé sur des principes démocratiques extrêmement développés
Depuis plus de 20 ans, le peuple originaire Kichwa de Sarayaku, en Amazonie équatorienne, lutte pour défendre son territoire, sa biodiversité et son patrimoine immatériel, contre l’intrusion des exploitants pétroliers.

Extraits du site : http://www.frontieredevie.be/peuple.htm

MENACES SUR LA FORÊT et Sarayaku

Ce n’est plus un secret pour personne : hormis quelques réserves naturelles, c’est aujourd’hui l’ensemble de la forêt amazonienne qui est menacée et avec elle l’ensemble de toutes les forêts tropicales du monde.

On a beau savoir, dire et redire, que c’est là une catastrophe incommensurable, un désastre pour la biodiversité, voire une menace sérieuse pour la survie de l’humanité, rien n’y fait : la destruction continue, année après année. Aujourd’hui, rien qu’au Brésil, un million d’hectares de forêt est anéanti chaque année pour planter du soja !

Les peuples vivant dans ces forêts ont bien sûr été les premiers touchés par cette destruction sans précédent. Beaucoup ont purement et simplement disparu, la plupart ont vécu un terrifiant démantèlement culturel et social. Ceux qui restent souvent très conscients de ce qui les attend, luttent pied à pied pour leur survie et leur dignité.

Les peuples autochtones d’Amazonie équatorienne vivant au nord du pays ont connu dans les années 60 l’arrivée des compagnies pétrolières. Agissant avec un mépris odieux tant pour les peuples que pour la forêt, ces compagnies créèrent rapidement un désastre écologique inouï : tant de pétrole et de ses résidus s’écoulèrent dans les rivières et les lagunes qu’on le compare à plusieurs dizaines de fois le naufrage de l’Exxon Valdez. Les colons amenèrent la drogue, la corruption, la prostitution. Les peuples indiens, épuisés et malades, durent pour la plupart abandonner leurs terres et rejoindre les bidonvilles de cités violentes.

Aujourd’hui, les peuples indiens du sud du pays, dont le peuple Kichwa de Sarayaku, font front pour refuser ce sort dégradant. Sarayaku, en particulier, s’est démarqué depuis plus de 10 ans par sa ténacité. Ce furent des années terribles, éprouvantes et harassantes, pour ce petit peuple de 1200 habitants. Les épisodes de cette lutte fourniraient matière à un épais roman (menaces, corruption, tortures, présence militaire, etc…)

En 2003, 600 ouvriers de la Compagnie Pétrolière, protégés par 400 militaires en armes, ont envahi illégalement le territoire de Sarayaku afin d’y procéder à des opérations sismiques. Pendant plusieurs mois, ils ont enfoncé sous terre des centaines de kilos d’explosifs.

Sarayaku a opposé une résistance farouche et non-violente : Campagnes sur le Web, pétitions internationales, soutien d’organisations comme Greenpeace et Amnesty International, campements de la paix et surtout une plainte déposée devant la Cour Internationale des Droits de l’Homme (CIDH) contre l’Etat équatorien pour viol de sa constitution.

La CIDH (la plus haute instance judiciaire du continent américain équivalent de la cour de justice européenne de la Haye pour le continent américain) a jugé la plainte recevable et la Compagnie a été priée de se retirer des territoires peu de temps avant la mise à feu des explosifs ! Un vaste procès est depuis lors en cours. Une victoire de Sarayaku serait une grande première pour les peuples autochtones et une formidable avancée. Un cas de jurisprudence au bénéfice de tous les peuples autochtones américains.

La « Frontière de Vie » est une nouvelle démarche, s’ajoutant aux précédentes, pour marquer durablement les esprits au niveau international. Une analyse approfondie de la situation actuelle, a conduit les indiens de Sarayaku à compléter les moyens de luttes actuels juridiques et médiatiques par la frontière de vie. Il en va de leur survie future. Ni l’état, ni les compagnies ne sont sur le point de renoncer à leurs acquis.

Extraits du site :
http://www.frontieredevie.be/menacesforet.htm

Le projet « FRONTIERE de VIE »

Cette Frontière, que les indiens kichwas appellent dans leur langue : Le Grand Chemin Vivant de Fleurs (Sisa Nambi), protégera en outre la communauté du Sarayaku et divers projets de maintien et récupération de la Tradition.

Parmi ceux-ci :

1. SASI WASI

Sasi Wasi est le lieu privilégié de la médecine autochtone et du maintien de savoirs traditionnels. Ici sont collectés et mis en pratique les savoirs des Yachaks. Sasi Wasi comprendra deux lieux : le premier sera consacré aux soins de guérison et sera situé à l’intérieur du village. Le deuxième, à l’écart sur une colline, sera le haut lieu de l’échange et du partage de savoirs traditionnels.

2. SACHA RUNA

Sacha Runa sera un jardin botanique d’environ 10 hectares, reprenant l’essentiel des plantes utilisées tant pour la médecine traditionnelle que pour l’alimentation, les cosmétiques, la construction, etc…On le traversera pour monter au centre des savoirs SASI WASI. Un hectare a déjà été planté.

3. TAYAK WASI

Ecole maternelle et primaire où les cours sont donnés en deux langues : kichwa et espagnol.

Les cours intègrent le savoir traditionnels : les contes, la cosmovision, les connaissances, etc…

Un lien sera créé avec le jardin botanique et le centre des savoirs traditionnels. TAYAK WASI est déjà en fonctionnement depuis plusieurs années.

D’autres projets sont en gestation, comme l’archivage vidéo des connaissances ancestrales. Sarayaku possède déjà un cinéaste et espère pouvoir développer son œuvre vidéo. Sa première œuvre « SOY DEFENSOR DE LA SELVA » sera prochainement accessible en DVD.

On peut se relier à tous ces projets en devenant parrain d’un arbre de la Frontière de vie.

Extraits du site :
http://www.frontieredevie.be/projet.htm




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