Dans les parages d’Hélène Tocmé-Fabre
Apprendre, c’est...

Comment peut-on se contenter de traduire le chemin parcouru par l’apprenant par un chiffre ?

Article mis en ligne le 1er octobre 2007
dernière modification le 29 octobre 2007

• Apprendre est un processus de création

Apprendre n’est pas du domaine du recevoir. Apprendre est un processus de création de liens dans notre vie mentale, affective, sensori-motrice, neurologique.

• Apprendre est un processus qui s’inscrit dans la durée

Le vivant, pour exister et atteindre la maturité, à besoin dé là durée. Le court terme ne se préoccupe que de la survie.

J’aime le concept d’APPRENANCE. Il indique qu’il s’agit d’un processus s’inscrivant dans la durée : il y a toujours un avant, un pendant, et un après. Ce processus est à la fois :
- individuel et collectif
- implicite et explicite
- dans l’espace-temps de l’individu et de l’humanité.
C’est parce que je vais agir aujourd’hui, avec ce que je sais d’hier et ce que je voudrais pour demain que je cherche le geste, l’acte, la parole, la pensée qui convient à ce que je suis ici et maintenant (Et avec l’intuition "ramassée", au-delà de l’espace-temps, de ce qu’il convient de savoir, d’être, de faire ?...)

• Apprendre est un risque.

Celui de changer, de perdre ses certitudes, d’aller vers l’inconnu, de rencontrer l’étrange, et donc d’interroger son identité.

• Apprendre est un processus de gestion de l’incertitude.

C’est construire chaque étape d’un chemin qui se fait en marchant.
Apprendre, ce n’est pas ajouter quelque chose à autre chose sur une ligne tracée d’avance par un autre, droite et directe.
Apprendre, c’est prendre les chemins de traverses, connaître les fossés, les embûches et l’angoisse des voies sans issue. C’est revenir sur ses pas, prendre les détours, tel Œdipe dans son avancée vers Athènes.

• Apprendre est un processus de gestion de la complexité.

L’urgence est d’ouvrir un espace de questionnement. I1 nous faut quitter la logique binaire et linéaire, la simplification réductrice, et ouvrir la question sur le "Pourquoi ?", "Pour quoi ?"

Sortir du "Prêt à penser" didactique et accompagner l’enfant dans son questionnement, surtout ne jamais le taire au nom des programmes.

• Entrer en apprenance

Ne dites pas "J’ai de la mémoire"
Mais, "Je suis mémoires"

Comment peut-on se contenter de traduire le chemin parcouru par l’apprenant par un chiffre ?

(Dans les parages d’Hélène Trocmé-Fabre, Réinventer le métier d’apprendre, Ed. d’Organisation.)