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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

168 recommandations du Pannel Citoyen wallon
Article mis en ligne le 17 juin 2022
dernière modification le 16 juin 2022

Le gouvernement wallon a organisé une consultation citoyenne pour l’aider à mettre à jour sa stratégie climat 2030. Un exercice qui a abouti à 168 recommandations au terme de plusieurs mois de travail compliqués par la pandémie.

Des propositions qui brassent assez larges, mais qui traduisent sans aucun doute la prise de conscience que nos sociétés vivent un tournant majeur dans l’histoire et que la crise climatique exigent des changements fondamentaux.

Gilles Toussaint
Journaliste La Libre Belgique. Responsable de la rubrique Planète - Inspire
Publié le 13-03-2022

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de la Wallonie de 55 % à l’horizon 2030. Des chiffres abstraits derrière lesquels se dissimule un fameux défi car il n’existe pas de solution miracle. Tous les secteurs de la société seront concernés par des mesures, des changements de mode de fonctionnement, qui ne seront pas toujours simples à mettre en œuvre ni forcément populaires.

Pour l’aider à élaborer sa stratégie en la matière dans le cadre de la révision de son plan Air-Climat-Energie (PACE), le gouvernement wallon a choisi d’innover en faisant appel à un panel de citoyens représentatifs de toutes les couches de la population du Sud du pays. Encadrés par deux prestataires spécialisés dans ce genre d’exercice d’intelligence collective (les entreprises Trame et Sonecom), une soixantaine d’entre eux – sélectionnés par tirage au sort et ayant confirmé leur intérêt pour la démarche – ont pris part à une quinzaine de réunions pour définir collectivement une série d’actions en faveur du climat qui font l’objet d’un consensus.

168 recommandations

Neuf domaines se sont ainsi dégagés (aménagement du territoire, mobilité, habitat, consommation, gouvernance publique, agriculture, enseignement…) pour lesquels une série d’objectifs à atteindre ont été déclinés en mesures à mettre en œuvre. Des mesures classées par priorité en fonction de leur niveau d’impact – leurs bénéfices et termes de réduction d’émissions de gaz à effet de serre ou d’adaptation aux dérèglements du climat – et d’acceptabilité par le plus grand nombre.

Quelque 168 recommandations ont émergé de ces cogitations, qui ont été officiellement rendues publiques ce dimanche matin à l’occasion d’une assemblée générale organisée à Namur. Le résultat de ce travail peut-être consulté en ligne sur un site internet créé à cette fin.

Des propositions qui brassent assez larges, mais qui traduisent sans aucun doute la prise de conscience que nos sociétés vivent un tournant majeur dans l’histoire et que la crise climatique exigent des changements fondamentaux.

Il y est par exemple suggéré de mettre sur pied une cellule “de type Codeco pour le climat”  ; de revoir les réglementations pour rapprocher les activités de commerce, de loisirs et de services des zones d’habitat et de mutualiser certains services  ; de diminuer les frais d’enregistrement et de donner des primes au déménagement pour les personnes s’installant à moins de 15 km de leur lieu de travail ou de coworking  ; de promouvoir la diminution de l’habitat et l’habitat collectif afin de faciliter le partage de la production d’énergie ou les déplacements  ; de réduire le prix du train  ; d’obliger l’intégration d’une voie de mobilité douce lors de la rénovation de voiries  ; de remplacer les voitures de société par un chèque “habitation-mobilité”  ; de baisser la TVA sur la vente de produits recyclé  ; de réguler la publicité pour réduire le greenwashing via un comité d’éthique  ; d’obliger les médias à mettre en évidence en “Une” un certain nombre de sujets environnementaux  ; de modifier les référentiels scolaires pour y intégrer davantage ces questions ou encore de faciliter l’installation de jeunes agriculteurs porteurs d’un projet innovant répondant aux enjeux climatiques…

La consultation visait à aboutir à des mesures qui font consensus dans la population.


Le politique ne doit pas décevoir

Un patchwork d’idées parfois attendues ou plus originales dont l’administration wallonne va à présent s’emparer pour nourrir son Plan climat afin de faire atterrir un premier projet avant l’été. Un travail d’analyse et de synthèse qui intégrera également d’autres attentes formulées par le Forum des jeunes, les représentants des ONG, des syndicats ou encore de l’Union wallonne des entreprises.

Si les participants se sont impliqués dans cet exercice avec sérieux, un certain scepticisme régnait également sur le sort que le monde politique réservera à ce travail. "On a peur que tout cela ne serve finalement à rien", explique Daphné Lemaitre, une de ces panélistes (lire aussi ci-dessous), qui souligne que l’attente des personnes consultées est d’être impliquées d’une manière ou d’une autre dans le suivi des mesures. Du côté du cabinet du ministre Henry, on assure que la non-prise en compte de toute recommandation devra être dûment motivée et argumentée, et que les mesures qui dépendent d’autres niveaux de pouvoir que la Région wallonne seront relayées aux acteurs concernés.