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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
Slogan du site

"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

En guise d’adieu...
Editorial du n° 60
Le dernier numéro de l’Arc en ciel
Article mis en ligne le 26 juin 2007
dernière modification le 30 septembre 2007
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Historique, cet éditorial, qui conclut une aventure de 15 ans !
A le relire un an après sa publication, je me dis qu’il trace bien des pistes toujours passionnantes à suivre...

Voici donc venu la fin de L’arc en ciel, en tant qu’édition papier, ce numéro 60 clôturant 15 ans de bons et loyaux services...
Je ne pouvais pas terminer sur un numéro 59 ! Voici donc, avec six mois de retard, le numéro 60 : soixante trimestres.
Un fameux chemin parcouru depuis le premier numéro, en 1991 ! Quinze années agitées, un passage de siècle, des commentaires et des pistes de réflexion sur les événements traversés par nos esprits en effervescence. Près de 700 lecteurs et lectrices se sont succédés, et figurent toujours dans le fichier de l’Arc en ciel.
Je suis convaincu que chacun a pu ou va pouvoir (re)trouver les pistes que je suivais de façon privilégiées. Je pense en particulier à "Imagine – demain de monde". Mais il y a aussi "Terre et Humanisme", Oxfam, Greenpeace…

Qu’allez-vous trouver dans ce dernier acte ?

Il n’y a pas de hasard...
Le hasard, dit un proverbe, c’est Dieu qui voyage incognito...
Impressionnés par la visite du Musée du Quai Branly à Paris en décembre, il devenait intéressant pour moi d’approfondir certaines pistes.
Ce sont les collections océaniques qui m’ont le plus sauté aux yeux : Mélanésie, Papouasie Nouvelle-Guinée (voir ci-joint), Polynésie... Cet art nous est beaucoup plus inconnu que l’art africain (le Musée de Tervuren, tout poussiéreux qu’il est – et qu’il ne sera bientôt plus - , a joué son rôle d’éveilleur) ou amérindien (la collection Dora-Janssens fut - et continue d’être jusqu’au 29 avril - une exposition phare de l’art précolombien à Bruxelles).
A la recherche de documents sur l’art des peuples de l’Océanie (mais il existe en fait peu de choses dans les librairies), je suis tombé en arrêt devant un petit livre intitulé "L’oeil pense. Essai sur les arts primitifs"  [1]. Et voilà qu’un monde s’ouvre devant mes yeux éblouis... Je savais l’aveuglement occidental devant les arts dit "primitifs" et plus généralement devant toute culture des peuples traditionnels. Mais certains faits et certaines citations m’ont davantage éclairé sur notre cécité. Le livre s’attache particulièrement au cas aborigène. L’auteur a travaillé en Australie. On pourrait dire "les auteurs" d’ailleurs (voir plus loin).

Tandis que les scientifiques, les ethnologues, mis à part un certain Lévi-Strauss, continuaient de dévaluer ce qu’ils étudiaient, des artistes, comme Picasso, Braque, Malevitch, Klee, Kandinsky, sont entrés en convergence avec les arts "nègres" en se mettant à peindre "non ce qu’ils voient, mais ce qu’ils savent". Il y a de cela presque un siècle, et on n’a pas manqué de marquer l’anniversaire des "Demoiselles d’Avignon" de Pablo Picasso (1907) ! De la même manière que pour les "primitifs", leur peinture "ne sert plus à représenter le visible, mais à s’approcher de la connaissance, à montrer l’être au delà des apparences, à guérir parfois..."
Et voilà que tout en lisant le livre, je me rends compte que l’auteur, Jean-Pierre Barou, après avoir été l’un des fondateurs de "Libération", s’est consacré à l’étude des sociétés non occidentales et de leur art avec sa compagne Sylvie Crossman. "Enquête sur les savoirs indigènes" *** ou "Tibet : les formes du vide" *** sont deux livres qu’ils publient ensemble. Sylvie Crossman ? Tiens, tiens...
Sylvie Crossman est l’auteur d’un livre sur le mandala tibétain : "Tibet, la roue du temps – pratique du mandala" et d’un beau petit livre pour enfants "Benjy voyage au pays du mandala tibétain". (Indigène éditions, 1966). Quand je disais qu’il n’y a pas de hasard, moi qui suis tombé dans la marmite du mandala il y a dix ans…

Hasard ou convergence ?

Cette réflexion sur l’art qui a animé mes dernières semaines rencontre cette autre source plus écologique et socio-politique que constitue la prise en compte des peuples traditionnels.
Terre et Humanisme a consacré son dernier numéro de "Nouvelles" aux "Peuples traditionnels, gardiens de la terre" *** (voir pp. 13 et 14). Les projets de défense du patrimoine bio-génétique des territoires non encore saccagés par les pilleurs et les exploitants de toute sorte commencent à prendre de l’ampleur, de même que la défense des territoires de survie de ces peuples "premiers" *** (pp. 15 à 17).

Sarayaku et d’autres, sont maintenant sous le projecteur grâce à l’action convergente de nombreuses associations. Ces derniers mois, j’ai pu en découvrir plusieurs au gré de mes navigations, et les rencontres de Valériane en septembre n’ont été à cet égard que le premier coup d’envoi (pp. 8 à 12).
Outre le site "d’Indigène éditions", il y a le très riche "parole de nature" http://www.chamane.org/Pages/quiSommesNous.html (parolesdenature@wanadoo.fr - www.parolesdenature.org - 06 17 81 37 81 - 01 43 74 17 03 - 19 bis rue Raymond du temple, 94300 Vincennes)

Suivez les pistes. Tout un monde s’ouvre à nos yeux "éblouis" !

Pour compléter le tableau, vous trouverez une réflexion que j’ai trouvée très stimulante d’Eli Barnavi, initiateur d’une exposition "Dieu(x) : mode d’emploi" actuellement à Bruxelles (pp. 18 et 19).

J’ai cru longtemps que l’avenir des "peuples traditionnels" était de s’adapter ou de mourir, à l’instar de ceux qui, parmi les aborigènes, ont décidé de disparaître plutôt que de se rendre et de voir leur patrimoine immatériel multiséculaire tomber aux mains des blancs.
Je pensais qu’il n’y avait aucun espoir de les voir garder la richesse de leur mode de vie traditionnel, dans l’océan de modernisme qui les encercle de toute part. Et bien je découvre maintenant de nouvelles perspectives.
En écoutant José Gualinga, cet automne à Liège, en voyant son film, je vois que pour défendre leur territoire et leur mode de vie et leurs valeurs traditionnelles, les indiens de Sarayaku ont adopté l’avion, la vidéo, l’informatique, l’Internet... Ils communiquent par satellite, manient caméra et DVD mieux que nous.
Les peintres aborigènes ne restent pas figés dans la reproduction des thèmes ancestraux. Ils innovent et c’est avec des techniques et des matériaux nouveaux qu’ils perpétuent "le temps du rêve", au grand dam des ethnologues qui eussent voulu leur garder leur "pureté" traditionnelle.

C’est peut-être un aspect de cette "complémentarité" dont parlait Andreï Sakharov (voir p. 5) à propos des droits de l’homme.

Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou montrent combien le travail en synergie des guérisseurs traditionnels et des chercheurs médicaux de pointe est productif (p. 6).
"Les yogis, les hommes médecine, les hommes de « haut degré »… reviennent en force. Leurs pratiques millénaires intéressent nos meilleurs neurologues et immunologistes. Nous comprenons que nous pouvons agir sur notre système immunitaire, sur l’activité de nos neurones, et cela aussi longtemps que nous sommes en vie."
Et de conclure : "Prometteuse complémentarité : car c’est bien, in fine, de notre survie comme espèce, dans ses liens avec la communauté de tous les vivants, qu’il s’agit."
Voilà, c’est sur un belle image d’espoir pour l’avenir des hommes et de leur planète, de "l’humanitude" dirait Albert Jacquard, que ce dernier numéro de l’arc en ciel met le point final à un cycle de quinze année de fraternité avec des lecteurs plus fidèles les uns que les autres.
Un numéro que je vais envoyer à bien des lecteurs qui ont été abonnés à un moment ou un autre. Une manière de dire au revoir à tout un chacun, et de donner rendez-vous sur le site que je suis en train de refaire, encore un peu maladroitement, mais vous y trouverez la plupart des pistes évoquées dans ce numéro.
Une manière de rebondir, peut-être.
le site Internet qui prend la succession de L’arc en ciel, c’est www.larcenciel.be, qui présentera les articles en lien avec ce numéro 60.
Vous pourrez vous affilier au site : vous serez tenu au courant de toutes les nouveautés et peut-être recevrez-vous une lettre mensuelle, si j’en fais une.
Avec mes meilleurs voeux pour une année 2007 à la fois paisible et pétillante de joie, de découvertes et de projets.

Et que L’arc en ciel, intériorisé, puisse continuer à résonner en vous...

Michel Simonis
Janvier 2007

Sommaire n° 60
1. Killa churikuna
2-3. Editorial
4-5. L’oeil pense – essai sur les arts primitifs
6-7. Sylvie Crossman et JP Barou
7. La santé indigène,
8-11. Découvertes d’automne :
8. L’Europe est vache avec l’Afrique -
Jardins d’aveugles - 8-9. Kokopelli : Semences en danger -
Tagore - Alter-Natives – 10. trois écoles Steiner – Fonio bio -
La Croix du sud - 11. François Cheng
11-12. l’école du Rye
12. annonces : écouter le deuil - projet Cocon
13. Terre et Humanisme
13-14. Pour une éducation à la beauté et à la magie
15-17. Frontière de vie : Nouvelles n° 8
18-19. Rencontre avec Elie Barnavi
20. Curiosité de la langue française
20. Sottisier de l’école

Notes :

[1Payot, 2002.




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