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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

La scène politique palestinienne se prépare à l’après-guerre à Gaza
Article mis en ligne le 3 mai 2024

Sous ce titre, les clés du Moyen-Orient publie en ce début de mois de mai 2024 un bilan, bien provisoire et partiel, de la situation en Palestine.

Annoncée comme l’objectif principal de la guerre israélienne à Gaza, la destruction du Hamas n’a pas eu lieu. Certes affaibli, le groupe islamiste maintient néanmoins un pouvoir politique et armé dans la bande côtière. En parallèle, répondant aux attentes des pays occidentaux, à Ramallah, l’Autorité palestinienne se dit prête à prendre en charge la reconstruction de la bande de Gaza dont elle a perdu le contrôle en 2007.

La priorité du nouveau gouvernement est de « réunifier les institutions, y compris en assumant la responsabilité de Gaza ».

Je vous renvoie à l’article complet sur"Les clés"sur mon blog Palestine.
Pour vous en donner une idée, je vous livre ici juste un extrait, la fin de l’article, avec les notes qui s’y réfèrent.

"L’impopularité de l’AP est solidement installée..."

L’impopularité de l’AP est solidement installée au sein de la population palestinienne. Dans un récent sondage du Centre palestinien de recherche sur les politiques et les enquêtes (PCPSR) [1], les deux tiers des Palestiniens habitants de Cisjordanie considèrent l’AP comme « un fardeau pour le peuple palestinien et la majorité est favorable à sa dissolution ». Plus de 60% des personnes interrogées « souhaitent un gouvernement qui ne soit ni sous le contrôle d’un parti politique, ni sous le contrôle du président Abbas » [2] qui reste très largement impopulaire (environ 80% des Palestiniens demandent sa démission). Le nouveau gouvernement, constitué par des technocrates mais dont le chef est proche de Mahmoud Abbas, répond donc seulement partiellement aux demandes palestiniennes.

L’impopularité de l’AP va de pair avec la montée de la popularité du Hamas en Cisjordanie. La tendance n’est pas nouvelle, mais elle s’est renforcée depuis le 7 octobre 2023. Le Hamas maintient une cote élevée dans ce territoire palestinien selon les résultats du dernier sondage du PCPSR [3], avec 75% des Palestiniens satisfaits à l’égard du rôle du groupe palestinien islamiste. Dans le contexte des débats autour de la succession de Mahmoud Abbas et alors que la colonisation de la Cisjordanie s’intensifie, tout comme les violences de l’armée israélienne et des colons à l’égard de la population civile palestinienne, la montée en popularité du Hamas est une clé essentielle de compréhension des futures dynamiques sur ce territoire.
Le Hamas se maintient à Gaza

Dans le nord de Gaza, après le départ de Tsahal, le Hamas se mobilise contre les forces israéliennes et reconstruit un système de gouvernance [4]. Il cherche à maintenir son pouvoir sur la bande côtière. Fin mars, via sa chaîne Telegram, le mouvement palestinien a présenté pour la première fois ses « excuses » [5] aux habitants de la bande de Gaza pour les difficultés causées par la guerre déclenchée après l’opération Déluge d’al-Aqsa du 7 octobre 2023, tout en réaffirmant la poursuite de la lutte armée nécessaire pour « la victoire et la liberté » des Palestiniens. Le Hamas cherche à renouer avec la population dans un contexte humanitaire catastrophique, et alors que plus de 30 000 Gazaouis ont été tués depuis le 8 octobre selon le gouvernement local.

Le retour du Hamas dans des zones dont l’armée israélienne s’était emparée après des combats extrêmement meurtriers constitue un échec militaire et politique pour Benyamin Netanyahou et le cabinet de guerre dans son ensemble, qui avait placé la destruction du groupe islamiste comme objectif de la guerre à [6]. Dans le reste de la bande de Gaza, dans le sud où la majorité de la population est concentrée, le groupe palestinien maintient un contrôle ferme sur le territoire.

Conclusion

Si l’Autorité palestinienne montre une volonté de chapeauter la reconstruction de la bande de Gaza après la guerre, l’avenir politique de ce territoire dépendra des pays occidentaux et surtout d’Israël. En janvier dernier, pour la première fois, Benyamin Netanyahou a dévoilé un plan pour l’après-guerre à Gaza, prévoyant l’administration du territoire palestinien par des responsables palestiniens locaux, un contrôle sécuritaire exercé par Israël et un démantèlement du Hamas et du Jihad islamique.
Néanmoins, au-delà de cette feuille de route, la résilience du Hamas et la tournure de l’opération israélienne à venir à Rafah décideront aussi de l’avenir de l’enclave.