Bandeau
LARCENCIEL - site de Michel Simonis
Slogan du site

"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

Les bienfaits d’une bonne ambiance à l’école pour la réussite
Article mis en ligne le 9 octobre 2017
logo imprimer

Le climat scolaire correspond à la qualité de vie qui règne dans une école. Les études se multiplient pour dire à quel point il est important en vue de la réussite.

Bosco d’Otreppe, publié dans La Libre le mardi 25 avril 2017

Pendant des années, on a crié dans le désert. Aujourd’hui on parcourt toute l’Europe pour en parler.’ Eminence internationale de la violence à l’école, et, plus largement, du ’climat scolaire’, le professeur Eric Debarbieux avale rapidement son café. En cette fin du mois de mars, il est venu évoquer l’importance de l’ambiance qui règne dans une école lors d’une journée d’études organisée par le Cpeons, l’enseignement des communes et des provinces.

Comme il le rappelle, le climat scolaire est le terme générique utilisé aujourd’hui pour évoquer la qualité de la vie et l’atmosphère quotidienne qui règnent dans un établissement. ’Si de plus en plus d’acteurs s’intéressent au climat scolaire, ce n’est pas que l’indiscipline croît dans les écoles , précise-t-il cependant . C’est plutôt que les études ne cessent de confirmer qu’il tient un rôle important dans la réussite des élèves, et dans leur motivation à apprendre. Qu’il favorise de surcroît l’apprentissage coopératif, la cohésion du groupe, le respect et la confiance mutuels.

Un climat qui favorise l’équité sociale

Outre l’amélioration de la confiance entre les acteurs, outre la création d’un cadre propice à la transmission, ’la bonne qualité du climat scolaire induit souvent un taux significativement plus bas d’absentéisme et d’exclusions, poursuit Etienne Debarbieux . Mais un bon climat scolaire favorise aussi l’équité. Plusieurs études démontrent que l’atmosphère qui règne dans une école atténuerait l’impact des origines socioéconomiques d’un élève sur sa réussite.’ Un bon climat augmenterait donc les résultats scolaires d’une classe, indépendamment des origines sociales et économiques des élèves. ’Vous voyez que la bonne qualité de vie n’est pas un gadget en plus. Elle est au cœur d’un bon apprentissage’, insiste l’expert.

Forte des mêmes constats, la Communauté française a inscrit, dans une circulaire de 2015, l’amélioration du climat scolaire comme étant une mission du chef d’établissement et de son équipe éducative. Elle en a fait aussi un des objectifs à poursuivre par le futur Pacte pour un enseignement d’excellence.

Statistiques

Pisa. En Belgique francophone, seul un jeune sur deux éprouve un sentiment d’appartenance à son école. Et plus de 8 sur 10 ne s’y sentent pas toujours à leur place. Ces chiffres sont issus d’un rapport Pisa publié la semaine dernière par l’OCDE, et consacré au bien-être à l’école. La Communauté française n’a pas répondu à l’ensemble de l’étude dont elle regrette la méthodologie. Ces chiffres sont donc à prendre avec des pincettes, mais ils témoignent des progrès qui peuvent être faits en matière de ’climat scolaire’.

La fierté d’appartenir à son école est capitale

S’il est difficile de quantifier le climat scolaire qui règne dans une école, il est possible de l’évaluer pour l’améliorer en fonction.

Pour ce faire, il est indispensable de prendre en compte l’ensemble des relations tissées entre les acteurs de l’établissement. Le climat scolaire ne se réduit pas en effet au seul ressenti de l’élève. Il est déterminé par la qualité des relations entre l’ensemble des acteurs, mais aussi par la qualité et le niveau de l’apprentissage, par la sécurité physique et émotionnelle des élèves et des profs, par les problèmes de violence ou d’indiscipline qui pourraient exister, tout comme par la propreté des lieux ou la qualité du matériel.

L’importance de créer un lieu de vie

En Communauté française, soutenues notamment par l’université de Mons, plus de 500 écoles ont entamé des projets pilotes pour améliorer en leur sein le climat scolaire (voir ci-dessous).

Parmi les conditions indispensables pour améliorer la qualité de vie dans une école, on découvre l’importance du sentiment d’appartenance que les acteurs ont pour leur établissement, continue Eric Debarbieux. Les élèves apprennent en effet mieux, et sont plus motivés, lorsqu’ils se sentent valorisés, qu’ils s’investissent dans la politique de l’école, et que leurs professeurs partagent avec eux la fierté d’appartenir à une école.

Dans un rapport Pisa publié cette semaine sur le bien-être à l’école (voir ci-dessus), on découvrait d’ailleurs qu’en France, les élèves qui se sentent étrangers à leur école, accusent un retard de près d’une année scolaire en sciences.

Comme le rappelle à son tour la Communauté française en marge du Pacte d’excellence, un tel sentiment d’appartenance impose cependant plusieurs conditions. Il dépend en effet de la qualité du contenu enseigné, des relations entre les acteurs, du sentiment de sécurité et de justice perçu au sein de l’établissement. Il demande enfin, et là est sans doute un des défis les plus importants pour l’enseignement, que l’école se présente comme un ’lieu de vie’.

Si de telles conditions sont remplies, insistent de nombreux chercheurs, ce seront le respect de l’institution, des infrastructures, des gens qui y travaillent et des normes établies qui seront plus facilement respectées.

Au lycée Dachsbeck, il suffit d’une ’chouette heure’ pour souder la classe

Le lycée Dachsbeck est une vraie école bruxelloise. Elle semble avoir patiemment trouvé sa place, blottie entre les rues et les bâtiments qui se serrent au pied du quartier du Sablon. De ce quartier, d’ailleurs, elle en est un témoin privilégié, observant sa jeunesse depuis la fin du dix-neuvième siècle.

Une ressource

En 2008 cependant, après l’avènement du décret inscription, sa population change du tout au tout, et la situation n’est pas facile à gérer. Les élèves se connaissent moins, les profs sont déstabilisés et l’ambiance, au sein de l’école, devient difficile à gérer. ’Avec le psychiatre et professeur de l’ULB Isy Pelc, on a alors cherché une solution et on en est arrivé à mettre en place ce que l’on a appelé une Chouette heure’, explique Caroline Fabry, qui enseigne le français dans l’établissement.

Le principe est aussi simple qu’efficace. Tous les quinze jours, chaque classe de première et deuxième secondaire s’arrête pendant une heure, se place en cercle, s’équipe d’un bâton de parole et entame un dialogue. ’En général, ce dialogue démarre par un petit jeu de rôle ou par un exercice imaginé par le prof’, continue Caroline Fabry.

Lors de la première rencontre de l’année, chaque élève s’exprimait en évoquant ’Je suis le seul à…’. ’Je suis la seule à être Burundaise’, avançait par exemple Marie qui découvrait alors que ce n’était pas le cas.

C’est tout simple, mais cela permet bien souvent de créer un esprit de classe et de se découvrir, poursuit Caroline Fabry. Cela permet aussi de désamorcer certaines polémiques. Ces moments de dialogue, désormais institués, sont des sas de décompression et des habitudes vers lesquelles on peut se retourner quand l’actualité est lourde en dehors de l’école, mais aussi quand on a connu un événement douloureux entre nos propres murs.

Outils de prévention

Une recherche-action est menée par l’équipe des Sciences de la famille de l’Université de Mons sur les violences visibles et invisibles à l’école. Ce dispositif expérimental de prévention et de prise en charge du harcèlement, du cyber harcèlement et des discriminations en milieu scolaire est soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles.


Un livre, ’Prévention du harcèlement et des violences scolaires’, rédigé par Bruno Humbeeck et Willy Lahaye et illustré par Maxime Berger, a été publié aux éditions De Boeck. Cliquer sur l’image pour avoir accès au site.

Bosco d’Otreppe




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.52
Hébergeur : OVH