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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

L’économie circulaire
Article mis en ligne le 18 décembre 2016
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Les principes de l’économie circulaire révolutionnent le monde de l’entreprise

Penser l’entreprise différemment. C’est ce que propose l’économie circulaire. Quels en sont les principes ? En résumé...
 

L’économie circulaire : une nouvelle façon de penser l’entreprise

Popularisée en 2002 par le chimiste Michael Braungart et l’architecte William McDonough avec leur livre « Cradle to Cradle », l’économie circulaire commence doucement à percoler dans l’économie classique.



Le Cradle to Cradle (du berceau au berceau) ou C2C s’inspire des cycles naturels qui ne connaissent pas les déchets et permet de concilier croissance économique et écologie. En d’autres termes, il s’agit d’imaginer un modèle industriel basé sur une sorte de compostage appliqué à tous les objets. Ainsi, le modèle de production n’est plus linéaire mais circulaire.



Trois principes caractérisent l’économie circulaire

1. Utiliser les déchets comme des ressources. Chaque élément qui entre dans la composition d’un produit doit être conçu dans la perspective de son désassemblage et de sa réutilisation. Les composants biologiques non toxiques sont compostés. Les composants techniques doivent être réutilisés dans un cycle clos au sein duquel ils circuleront indéfiniment.



2. Respecter la diversité. Le mode de production doit privilégier l’économie et la culture locales en utilisant les matériaux et les sources d’énergie naturelles disponibles dans l’environnement. Il répond ainsi mieux aux divers besoins de la population que des solutions standardisées.



3. Utiliser les énergies renouvelables. Favoriser le développement d’énergies naturelles et renouvelables telles que l’éolien et le solaire.



L’économie circulaire amène l’économie à se repenser

L’économie circulaire s’inscrit pleinement dans le développement durable. En transformant des déchets en ressources et en les réutilisant, elle réduit considérablement la consommation de matières premières et permet ainsi de réduire également les dépenses des entreprises. D’un point de vue écologique, elle a également un impact positif sur l’environnement, notamment avec la réduction des émissions de CO2. Enfin, elle joue un rôle social avec la création d’emplois locaux.



Sans être une révolution copernicienne, l’économie circulaire amène cependant l’entreprise à se repenser complètement. A repenser ce qui constitue le produit, pas ce qu’il est fondamentalement, ni la façon dont il est vendu et utilisé, et donc, à imaginer in fine un produit dont les composants puissent être réutilisés et réintroduits dans un nouveau cycle de production, économisant ainsi les ressources primaires. L’économie circulaire n’en est encore qu’à ses débuts mais elle suscite un intérêt croissant auprès des entreprises et des décideurs publics.

Un bel exemple d’économie circulaire dans le secteur de l’alimentation : Bar Omega.

Bar Omega

"En quoi l’élevage du Bar Omega est-il si particulier ?"
"Presque tous les poissons que l’on élève aujourd’hui sont des carnivores et font partie d’un système qui pollue l’environnement. Le secteur poissonnier a encore du pain sur la planche. Le secteur de la viande n’est pas non plus durable, mais il est bien plus avancé que celui du poisson. Nous sommes les premiers à produire un poisson véritablement durable."

“Nous sommes les premiers à produire un poisson vraiment durable.”
Le poisson d’élevage doit également faire face à la critique : il aurait un goût différent parce qu’il ne mange pas de nourriture sauvage. Mais la saveur de notre poisson n’est certainement pas moins bonne. On peut aussi affirmer que le poisson d’élevage est toujours plus sain que le poisson capturé, puisqu’il est élevé dans un environnement mieux contrôlé. Dans notre système de recirculation, toute contamination venant de l’extérieur est exclue."


"D’où vous est venue cette idée ?"

"Notre entreprise est née d’un projet de recherche innovant mené à la KU Leuven. Nous avons commencé par établir une liste de poissons susceptibles d’être élevés selon les critères de durabilité. Notre bar tigré figurait au sommet de la liste.

Je suis allé observer ce poisson dans son habitat naturel, en Australie. Le Bar Omega possède encore un autre avantage : il peut se reproduire en captivité. En Australie, on repeuple des rivières naturelles avec le bar. Les gens élèvent également des poissons dans les étangs de leur jardin, et utilisent ensuite les eaux usées comme engrais pour leurs légumes."

"Vous ne vous êtes pas cantonnés à la recherche scientifique ?"

"À Louvain, nous avons mis sur pied un laboratoire et un système de recirculation. Nous avons amené ici quelques milliers d’alevins d’un demi-gramme dans des sacs de 10 litres d’eau. C’est ainsi que nous avons débuté. Dans ma thèse de doctorat, je décris comment augmenter le caractère durable des aliments pour poissons et des systèmes utilisés. J’y décris également des améliorations dans l’alimentation des alevins, ce qui est l’étape la plus difficile.

Deux ans plus tard, nous avons été épinglés par des chefs cuisiniers qui ont trouvé ce poisson délicieux. Ils nous ont encouragés à aller au-delà d’un simple projet de recherche scientifique. Et le département LRD (Leuven Research & Development) nous a beaucoup aidés à mettre en place notre business plan et un business development. C’est un domaine où je n’avais vraiment aucune expérience. Sans leur apport, il n’y aurait sans doute jamais eu d’entreprise."

"Vous êtes une start-up et, en général, les choses ne se passent jamais comme prévu. Qu’est-ce qui a été différent de vos prévisions ?"

"Où avons-nous fait le plus d’erreurs ? Dans la construction de la pisciculture. Cela a duré environ 3 mois de plus que prévu. Il y a plus à faire que simplement construire, puis mettre en marche. Nous avons quasiment fait construire un écosystème, dont tous les éléments dépendent les uns des autres. C’est surtout avec les filtres et le processus de production que notre start-up a rencontré des problèmes.

À cause de cela, notre poisson était un peu trop petit au début. Nous avions fait des promesses au marché. Et nous avons tenu ces promesses. Mais il a fallu mobiliser tout le monde, et aujourd’hui, les problèmes sont résolus."

"Quel est votre business model ?"

"Aujourd’hui, nous sommes une entreprise B2B (business-to-business). Nous vendons notre Bar Omega à des distributeurs qui le vendent à des restaurants, à des traiteurs et à des poissonneries."

Voir aussi 7 étapes pour faire entrer son entreprise dans l’ère de l’économie circulaire

Le Soir, mardi 12 juillet 2016


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