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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

L’heure de la sobriété heureuse
Quand le monde de l’entreprise s’ouvre à ce nouvel art de vivre...
Article mis en ligne le 11 janvier 2010
dernière modification le 11 août 2010
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- Notre "toujours plus" aura des conséquences sociales et écologiques catastrophiques.
- La sobriété heureuse - davantage de "mieux être" et moins "d’avoir" - est l’antidote.
- Cette réorientation de nos désirs est prônée par l’économiste P. Viveret et autres penseurs.

La sobriété n’est pas la "décroissance". Si les transports polluants doivent décélérer, l’éducation ou la santé vont croître. Notre système de production doit s’adapter aux connaissances nouvelles en matière de conservation des ressources.

La sobriété, ce n’est pas la pauvreté. C’est accepter des limitations dans l’ordre de l’avoir pour mieux se développer dans l’ordre de l’être. C’est un dépouillement qui laisse plus de place à l’esprit, à la conscience pour mieux apprécier et rechercher la qualité de chaque instant. C’est une renonciation aux artéfacts, aux gadgets matériels qui alourdissent, qui gênent et empêchent d’aller au bout de nos possibilités en termes d’être. C’est une décolonisation de nos consciences, trop encombrées de désirs de possession.

La sobriété, ce n’est pas non plus la "décroissance" car s’il y a nécessité de décroître (ou de décélérer) dans certains domaines tels que les transports polluants ou l’énergie, il y a nécessité de croître dans d’autres domaines tels que l’éducation ou la santé. Jacques Attali parle ainsi "d’adéqcroissance", de croissance adéquate, exigeant entre autres de construire un système de production sans cesse adapté aux connaissances nouvelles en matière de conservation des ressources.

La sobriété ne doit pas non plus être seulement envisagée comme un enjeu écologique : elle est également une question sociale et démocratique car une telle réorientation de l’enjeu de nos désirs ne sera possible que si chacun y trouve son compte, ce qui rend impératif une justice sociale plus transparente, plus démocratique donc.

La sobriété n’est donc pas un projet triste et ascétique, comme on se représente trop souvent tout ce qui touche à la sagesse. La sobriété est "heureuse" car c’est un projet qui, au contraire de la course au "toujours plus", nous fait vivre intensément l’aventure d’êtres conscients dans l’univers qui, loin d’être des rivaux menaçants, sont les compagnons d’un voyage aussi fascinant que mystérieux.

Mais, nous direz-vous, cette sobriété n’est-elle pas proche des formes de conversions intérieures, personnelles et privées que Jésus, Socrate, Bouddha ou Mahomet ont prônées jadis, sans y avoir totalement réussi, vu la démesure régnant dans nos sociétés contemporaines ? Absolument. Comment croire dès lors sérieusement qu’un nombre suffisant de personnes sera en mesure d’y adhérer afin de pouvoir réellement changer les logiques actuelles de nos sociétés ?

Tout simplement parce que nous n’avons plus vraiment d’autres choix. Si nous ne changeons pas, il y a fort à parier que notre espèce ne survivra pas. A terme, notre démesure, tant sur le plan social qu’écologique, entraînera la destruction de l’humanité par la guerre et/ou des catastrophes "naturelles". Dans le passé, la vulnérabilité physique de nos ancêtres, de petits mammifères qui couraient moins vite, qui ne nageaient ni ne volaient, qui étaient moins forts que les autres, a été la source du saut qualitatif extraordinaire qu’a été la conscience. Nous faisons face aujourd’hui à un défi similaire, non plus dans l’ordre biologique, mais dans l’ordre politique et culturel. C’est pourquoi la sagesse qu’implique l’adhésion à la’ "sobriété heureuse" n’est plus seulement un enjeu personnel et privé mais aussi politique.

L’ enjeu est posé. Maintenant, concrètement, quelles politiques allons-nous mettre en œuvre dans la société et dans nos entreprises pour favoriser ce changement avant qu’il ne soit trop tard ?

Note.
Selon Viveret, il faut jouer sur l’enjeu du désir, en réorientant l’énergie et le dynamisme de nos sociétés vers le mieux être, loin de notre course névrotique actuelle vers l’avoir, vers le "toujours plus". En effet, si les désirs illimités de possession causent des dégâts écologiques et sociaux considérables, les désirs même illimités dans l’ordre de l’être, qui se manifestent par exemple par la recherche de la beauté, de la sérénité ou de l’amitié comme le proposent les meilleures traditions de sagesse et de spiritualité, ne posent aucun problème. C’est dans cet esprit que Viveret prône, à l’instar de Pierre Rabhi et d’autres (en Belgique, on pense à Christian Arnsperger, Marc Halévy ou Luc Bouckaert), la "sobriété heureuse" comme antidote à la démesure et au mal-être contemporains.

Extraits d’un article de Laurent LEDOUX et Roland VAXELAIRE Administrateurs de l’asbl Philosophie&Management (*)
mardi 5 janvier 2010 - La Libre Belgique

(*) • Patrick Viveret, ancien conseiller à la Cour des comptes en France, l’un des concepteurs du RMI et l’auteur d’un rapport sur de nouvelles manières de compter la richesse (avant celui plus récent de Stiglitz, Sen&Fitoussi) était à Bruxelles les 15 et 16 janvier 2010.

• 15/01 à 20:00 h "Comment et pourquoi aller vers la sobriété heureuse ?" :
Conférence à l’asbl TETRA, 48 Rue Kelle à 1200 Woluwé-Saint-Lambert (www.tetra-asbl.be)

• 16/01 de 9h00 à 12h30 "Toujours plus ? Toujours mieux ? Quel avenir pour la croissance, la consommation et leur gestion ?" : séminaire à l’INM - 81, av. de Tervuren à 1040 Bruxelles. lnfos et inscriptions : www.philosophie-management.com

Vous trouverez certainement des traces de la conférence sur le site de TETRA.




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