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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

INTRODUCTION AU MANDALA, d’après Fabrice Midal
Article mis en ligne le 1er décembre 2015
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Je reprend ici un beau texte tiré du livre de Fabrice Midal, ’Petite philosophie des mandalas, Méditation sur la beauté du monde’, Points Vivre, 6,9 € - 192 pages. Paru le 30/10/2014

Aujourd’hui, l’image du mandala - cette figure tissée par des réseaux de liens autour d’un centre - touche nombre de gens. On fait des jardins, des dessins, des rondes, des coloriages en forme de mandala. C’est, je crois, le signe de notre aspiration profonde à retrouver une unité incarnée, réelle. Le mandala nous parle en effet la langue de l’unité - l’unité de notre corps, de nos émotions et de notre esprit, l’unité qui relie deux êtres humains qui s’aiment, l’unité qui relie la communauté de tous les êtres humains, l’unité qui nous relie à la nature.

Le secret de l’unité

Cette unité cache un profond secret. Pourquoi cherchons-nous à retrouver cette expérience où tout est en rapport à un tout entier et complet, où chaque chose rime avec les autres ? Parce que cette unité repose sur le rayonnement de la beauté.

Nous en avons un indice dans le mot même de « monde » qui dit la splendeur de ce qui est entier. Son antonyme, « immonde », désigne la laideur, l’impureté de ce qui est défait. Là où règne l’immonde, il n’y a plus de place pour personne. Il faudrait entendre que ’monde’ est un adjectif qui qualifie l’unité harmonieuse. (qu’on retrouve un peu dans l’expression ’tout le monde’ en français).

Le mandala nous apprend à retrouver un monde, c’est-à-dire l’unité où nous pouvons nous poser et nous sentir à nouveau reliés aux êtres et aux choses.

D’un seul coup nous ne sommes plus seuls, au sens d’être isolé, coupé de soi et des autres. Nous cessons d’être en exil.

Le monde n’est pas l’ensemble de tout ce qui est, mais ce qui donne à tout son éclat. Là où il y a monde - tout chante. En grec, le mot cosmos désigne pour cette raison non ce que nous entendons aujourd’hui par cosmos, mais la parure, ce qui met en valeur celui qui la porte. Et l’on retrouve ce sens dans notre mot « cosmétique ».

La beauté

Aujourd’hui l’idée de beauté est ramenée à l’expérience esthétique d’un plaisir sensible. Et j’entends parfois dire des personnes ayant souci de la beauté du monde qu’elles ont un tempérament esthétique. Or en réalité, la beauté est tout autant une question esthétique que politique ou éthique !

Elle nous parle non de la culture ou d’un plaisir personnel un peu égocentrique mais de la possibilité que ce qui est puisse se déployer dans une présence pleine et entière.

En vérité, nous l’avons trop souvent oublié, la beauté nous parle d’une qualité de présence et non de canons esthétiques.

Voilà une manière possible de décrire ce qui se passe pour tout être qui entre dans un mandala : il apprend à rendre à la réalité sa beauté parfois cachée, entravée ou oubliée.

Ce qui implique de pouvoir laisser ce qui est apparaître pleinement.

Apprendre à être à l’unisson

Comment s’ouvrir à la beauté, ce joyau primordial qui brille dans tout ce qui est quand nous le regardons justement, ou comme dirait Saint-Exupéry ’avec le cœur’ ?

Le chemin repose sur la reconquête du lien intrinsèque qui nous relie au monde et à nous-même.

Le cœur de l’expérience du mandala

Une telle expérience repose sur l’absence de séparation entre la joie et la tristesse.

Lorsque nous dessinons ou contemplons un mandala, nous apprenons à unifier ensemble ce qui nous fait mal et ce qui nous éblouit, ce qui nous émerveille mais aussi ce qui nous fait peur.

Devant la souffrance des êtres humains, devant des massacres, il est sain d’être triste. Mais cette tristesse, loin d’être un état d’abattement et de dépression, peut se changer en profonde compassion.

C’est exactement là le cœur de l’expérience du mandala. Nous ne cherchons pas à nous prémunir de la douleur, à vivre une expérience parfaite, mais nous cherchons à intégrer ensemble tous les aspects de l’existence de manière plus heureuse et juste.

Nous apprenons à faire que la douleur, au lieu de nous broyer, devienne chant.

La grande question qui taraude tout être humain est de pouvoir être enfin lui-même. L’important n’est pas d’avoir une compréhension de ceci ou de cela, d’avoir une théorie sur ceci ou cela, d’atteindre tel objectif, de gagner tant d’argent, mais plutôt d’avoir réussi à trouver un chemin réel dans la vérité de l’existence.

C’est ce souci de réalité, ce souci d’un chemin pratique, simple et profond qui nous conduit vers le mandala.

Permettre à chacun de découvrir que le mandala nous parle de notre existence la plus concrète, qu’il nous fait retrouver cet ordre magnifique et inapparent qui nous met pleinement en rapport aux oiseaux et aux larmes, aux arbres et aux hommes, à la nuit et aux choses, aux fleurs et aux poèmes..., c’est une manière d’apprendre à approcher le mystère sacré de l’existence.

(D’après Fabrice Midal)




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