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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

Un jeune pommier
Article mis en ligne le 30 juin 2014
dernière modification le 24 février 2016
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Je m’en vais dans le champ avec un jeune pommier à planter. Je le pose par terre, je le tourne, je regarde ses branches à peine ébauchées prendre leur place dans l’espace qui les entoure. Un arbre a besoin de deux choses : de substance sous terre et de beauté extérieure. Ce sont des créatures concrètes mais poussées par une force d’élégance. La beauté qui leur est nécessaire c’est du vent, de la lumière, des grillons, des fourmis et une visée d’étoiles vers lesquelles pointer la formule des branches. Le moteur qui pousse la lymphe vers le haut dans les arbres, c’est la beauté, car seule la beauté dans la nature s’oppose à la gravité. Sans beauté l’arbre ne veut pas. C’est pourquoi je m’arrête à un endroit du champ et je lui demande : « Ici, tu veux ? » Je n’attends pas de réponse, de signe dans la main qui tient son tronc, mais j’aime dire un mot à l’arbre. Lui sent les bords, les horizons et cherche l’endroit exact pour pousser. Un arbre écoute les comètes, les planètes, les amas et les essaims, Il sent les tempêtes sur le soleil et les cigales sur lui avec une attention de veilleur. Un arbre est une alliance entre le proche et le lointain parfait. S’il vient d’une pépinière et qu’il doit prendre racine dans un sol inconnu, il est confus comme un garçon de la campagne à son premier jour d’usine. Je le promène ainsi avant de creuser son emplacement.

Erri De Luca Trois chevaux, roman, traduit de l’italien, Gallimard, 1999
P.S. :

En ce début de l’année 2015, après l’épisode Charlie, je reviens au jeune pommier. La jeunesse de nos banlieues est trop souvent en perdition. Cela pose le problème de l’éducation, de l’école, de l’accueil, de l’organisation du vivre ensemble...
Alors, je vous invite à relire ce texte du "Jeune pommier" comme une métaphore de l’éducation, de notre relation à l’enfant, à l’adolescent.


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