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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

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Article mis en ligne le 24 janvier 2014
dernière modification le 23 janvier 2014
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Rien ne se perd, tout se transforme.

L’économie bleue propose d’appliquer les principes de l’écosystème à l’économie.

Une belle perspective !

Eclairage Solange Berger

Il y a tout d’abord l’économie dite ’rouge’. C’est celle que nous connaissons depuis la révolution industrielle. Sa règle est basée sur l’offre et la demande.

On en connait les avantages et les travers.

Une prise de conscience d’un besoin de changement a donné naissance à l’économie verte. Celle-ci peut être définie comme l’ensemble de l’activité économique générée par toutes les entreprises qui produisent des biens et services contribuant à éviter, réduire ou supprimer des nuisances pour l’environnement. La règle est de produire plus sain pour la santé tout en protégeant l’environnement.

Mais il est possible d’aller plus loin. Avec l’économie bleue dont la règle est : rien ne se perd, tout se transforme. Ses principes : optimiser l’utilisation des matières premières, utiliser ce qui est localement disponible, s’inspirer des techniques de la nature et vendre un produit à petits prix tout en créant des nouveaux emplois. ’Il s’agit d’une nouvelle approche du développement durable’, explique Emmanuel Robert, (responsable du magazine ’Entreprendre’ de BECI (Brussels Entreprises Commerce and Industry), qui défend les intérêts des entreprises bruxelloises.)

Elle permet de créer de l’activité, de l’emploi et du bien-être pour tous.’

Le père de cette Blue Econmy est l’homme d’affaires belge Gunter Pauli, aujourd’hui à la tête de la fondation ZERI (Zero Emission Research and Initiatives).

Le développement de ce concept a, en fait, deux origines. La première date de l’époque de mes études. Alors que j’étais président de l’Association internationale des étudiants en sciences économiques (AIESEC), j’ai fait la connaissance du président du Club de Rome. J’ai été alors exposé à des idées qui m’ont marqué’, explique le père de la Blue Economy.

La deuxième origine du concept remonte à 1993 quand Gunter Pauli était président de la société Ecover. ’Je me suis rendu compte, quand j’étais en Indonésie, que même si nous avions un produit écologique, nous n’étions ni durables ni éthiques. Nous utilisions de l’huile de palme pour laquelle on rasait des forêts, détruisant ainsi l’habitat des orangs-outans. Ce constat a déclenché quelque chose chez moi. Je me suis retiré pendant six mois. J’étais convaincu qu’il fallait passer à un autre modèle. Je ne voulais plus de ces dommages collatéraux’, explique Gunter Pauli qui quitte d’ailleurs Ecover l’année suivante.

A cette époque, les discussions sont en cours en vue du protocole de Kyoto. ’Le gouvernement japonais m’a demandé de travailler au modèle économique du futur. Quelque 80 chercheurs ont été mis à ma disposition pour développer ce modèle d’affaires durable.’

La Blue Economy est ainsi née. ’Dans ce modèle, rien ne se perd, tout se transforme. Chaque déchet devient la matière première d’une autre production. Le but est de réintroduire dans l’écologie des principes d’économie fondamentaux pour retrouver de la créativité. Cette approche ne repose pas sur la contrainte, la sanction, la réduction ou la décroissance, mais bien sur la création de valeur et sur le bien-être’, explique Gunter Pauli qui donne quelques exemples.

Celui du café, notamment. ’On peut utiliser le marc de café pour éliminer les odeurs dans le textile. On peut aussi y faire pousser des champignons. On utilise le café pour cinq ou six autres produits. Cela permet de générer quatre à cinq fois plus d’emplois et plus de revenus. L’entreprise génère plus de plus-values, ce qui lui permet de baisser ses prix. Cette baisse ne provient pas, ainsi, par exemple, de la pression sur les salaires. Cela va contre le principe de réduction des coûts qu’on enseigne en général dans les écoles et universités. Un principe qui mène au dumping social.

Emmanuel Robert donne un autre exemple. Concret. Celui d’une raffinerie, en Sardaigne, proche de la fermeture. ’Elle a commencé à faire du raffinage à partir des chardons qui avaient envahi les champs. De cette plante qu’on avait l’habitude d’endiguer, on a réussi à faire six coproduits, dont du bioplastique, du bioherbicide ou des aliments pour le bétail. Ces techniques ont permis aussi de réengager tout le personnel de la raffinerie.’

Un exemple bruxellois : Aquiris a été la première usine à tester à l’échelle industrielle la production d’un plastique biodégradable et réutilisable à partir des boues issues du traitement de l’eau.

Gunter Pauli poursuit la liste avec la technologie du ’papier pierre’. Celui-ci est produit à partir de déchets de chantiers. ’Ceux-ci sont réduits en poudre. On y ajoute un liant réalisé à partir de bouteilles recyclées. Des usines existent déjà en Chine. On pourrait imaginer en avoir dans des pays comme l’Algérie, car la fabrication se fait sans utilisation d’eau. Et pourquoi pas une usine à Bruxelles ?’, interroge Gunter Pauli qui a accompagné pendant 18 ans les personnes qui ont inventé cette technologie.

Dans le cadre de la fondation qu’il a lancée, il accompagne ces projets de Blue Economy. ’J’ai développé un réseau de plus de 3.000 chercheurs qui m’accompagnent. Nous identifions les opportunités. Tous les jours, je reçois entre 20 et 30 propositions de nouvelles techniques.

’Pour l’instant, j’essaie de convaincre les pays producteurs de fruits citriques d’en utiliser la peau. L’extrait de la peau est très efficace dans les produits de nettoyage. Le Brésil m’a suivi. La Floride, aussi. Mais pas encore l’Espagne qui pourrait pourtant être un grand producteur de ce produit.

En 20 ans, Gunter Pauli a déjà réalisé 187 projets. ’Une fois le projet lancé, je me retire en général. Je ne suis pas impliqué dans l’entreprise qui lance la technologie. Je suis un homme libre.

Tiré d’un article de Solange BERGER , publié dans LLB le samedi 30 novembre 2013

http://www.lalibre.be/economie/libre-entreprise/voir-la-vie-en-bleu-52996cb13570386f7f3812a3




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