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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

"Petite Poucette" de Michel Serres
Article mis en ligne le 21 janvier 2013
dernière modification le 24 juillet 2013
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Un livre revigorant du philosophe Michel Serres.

Les jeunes peuvent réinventer un monde meilleur grâce aux nouvelles technologies.

Extraits d’un article de Guy Duplat (30/5/2012)

En 1900, rappelle-t-il, la majorité de l’humanité vivait du travail des champs. En 2012, dans nos pays, ils ne sont plus qu’un petit pour cent à le faire !

Ce changement se fait dans la douleur, la crise, l’incompréhension, le vieux monde ayant quelque peine à se laisser mourir.
Parmi les victimes, il y a les appartenances de jadis (nationalités, religions, etc.) qui explosent. Il y a l’école qui a de moins en moins le monopole de la transmission du savoir qui se trouve partout, pour tous, sur la Toile.

Cela change nos rapports aux "maîtres". Finis les "petits transis" , comme dit Serres, à qui, à l’école, ou dans les collectivités, on demandait d’être silencieux, soumis humblement à la parole des maîtres. Finis, les prêtres, les politiciens qui jouaient sur "l’épouvante devant leur savoir", de ceux qu’ils avaient en face d’eux. En un clic, l’élève peut en savoir autant que le maître et le contrôler. C’est désormais, ajoute le philosophe, l’ère du chahut. Le chahut en classe dont se plaignent les professeurs, le chahut du public devant la langue de bois des politiciens ou les mensonges des médias. C’est dit-il, "la fin de l’ère du décideur".

Finis, "les grandes bibliothèques, les grands patrons, les éminents hommes d’Etat qui, présumant leur incompétence, répandaient leur pluie bienveillante sur les petites tailles", écrit Serres dans sa langue poétique.

On découvre que ce savoir partagé est plus riche. Des médecins oncologues ont avoué avoir plus appris sur le cancer du sein en partant sur des blogs des femmes malades que lors de leurs études en fac. On apprend peu à peu à utiliser ce savoir diffusé et réciproque. "Saturés de musique, le tintamarre des médias et le vacarme commercial assourdissent et endorment, de bruit navrant et de drogues calculées, ces voix réelles. Pour la première fois de l’histoire, on peut entendre la voix de tous."
Finie la présomption d’incompétence, il faut désormais avoir la présomption de compétence pour chacun qui peut contrôler en un clic, ce que les présumés compétents lui disent. Finie l’idée d’un centralisme démocratique, d’un savoir pyramidal. Il faut certes apprendre à traiter la complexité, les réseaux, l’interaction. A ceux qui refusent cette présomption de compétence à tous, Michel Serres rappelle qu’on a de manière semblable contesté le droit de vote à tous, arguant déjà alors, que d’"autres", des fous aux ignorants, ne le méritaient pas.

Bien sûr, cette ode de l’Académicien peut apparaître bien trop optimiste et utopique. Mais a-t-on le choix ? Et d’autre part, rappelle Serres, le monde ancien n’était pas vraiment idéal, le changer peut être une chance.

Michel Serres, "Petite Poucette", Le Pommier, 82 pp., env. : 9,50 euros

Michel Serre
(Photo Reporters/bpresse)

Guy Duplat
LLB. Mis en ligne le 30/05/2012
http://www.lalibre.be/culture/livres/article/740686/vive-la-generation-sms-et-facebook.html




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