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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

La musique est aussi une affaire de son
Article mis en ligne le 25 juin 2010
dernière modification le 2 juillet 2010
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Cinq Coréens (sur les cinq demi-finalistes) se retrouvent en finale du Concours Reine Elisabeth (piano) cette année.

Je ne suis pas musicien, mais je suis sensible à ce qui éclaire notre culture et notre enseignement, traçant autant de pistes pour le futur de notre société vieillissante...

La musique est aussi une affaire de son

"Incroyable !" s’exclament les distraits. "Ce n’est pas leur culture... mais quelle technique !" Tout faux. Que les Coréens appartiennent à un des pays les plus dynamiques du continent asiatique ne fait pas de doute ; un pays où le travail et la réussite sont encore valorisés, et partant, l’enseignement, dont fait partie l’enseignement artistique ; un pays où les pianistes n’ont pas peur de faire des gammes et auront donc une excellente technique ; un pays où, contrairement aux petits Belges, qui peuvent aller jusqu’en rhétorique sans apprendre une note, les enfants apprennent la musique dès l’école maternelle et, la culture étant devenue planétaire, ont l’occasion d’entendre des échantillons musicaux de toutes les tendances : pop, rock, traditionnel, jazz, classique ; on entend certainement plus de Beethoven dans les écoles coréennes que chez nous. Mais encore ? Alors que, via le clavier bien tempéré du père Bach, les Occidentaux se sont fait raboter une partie des harmoniques jaillissant des intervalles justes, les Coréens (et l’ensemble des Asiatiques reliés à leur propre musique classique) entendent encore les intervalles inférieurs à nos grossiers demi-tons ; ils parviennent à créer des envols d’harmoniques - toute la lumière de la musique - dont nous n’aurions même plus idée si les baroqueux et leurs descendants, en quête de sonorités authentiques, n’avaient remis la couleur au goût du jour, quand ne prévalaient plus que la dynamique, le rythme, les voix, la structure.
Aux sons virils des Occidentaux qui réfléchissent et qui bâtissent s’opposent désor-
mais (sur le même Steinway modèle D) les sons célestes des Orientaux qui écoutent et qui jouent. Ce qui ne les empêche pas de bâtir, ce qu’ils vont généralement apprendre à Munich ou à Philadelphie (sauf s’ils ont des professeurs allemands à Séoul, ce qui ne sera même plus longtemps nécessaire).
A l’’’écoutant’’ de distinguer cette nouvelle approche du piano et, le cas échéant, d’en faire ses délices. (MDM)

[brun](La Libre Culture - 19 mai 2010)[/brun]




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