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LARCENCIEL - site de Michel Simonis
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"To do hay qui ver con todo" (tout a à voir avec tout) Parole amérindienne.
Comprendre le présent et penser l’avenir. Cerner les différentes dimensions de l’écologie, au coeur des grandes questions qui vont changer notre vie. Donner des clés d’analyse d’une crise à la fois environnementale, sociale, économique et spirituelle, Débusquer des pistes d’avenir, des Traces du futur, pour un monde à réinventer. Et aussi L’Education nouvelle, parce que Penser pour demain commence à l’école et présenter le Mandala comme outil de recentrage, de créativité et de croissance, car c’est aussi un fondement pour un monde multi-culturel et solidaire.

Michel Simonis

TLAXCALA
Le réseau des traducteurs pour la diversité linguistique
Article mis en ligne le 5 septembre 2009
dernière modification le 23 juillet 2013
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MANIFESTE DE TLAXCALA

Extraits

(Lire le texte entier et visiter le site de Tlaxala).

Tlaxcala - le réseau pour la diversité linguistique - a été créé en décembre 2005 par un petit groupe de cyberactivistes qui, ayant lié connaissance grâce à Internet, en sont venus à penser qu’ils avaient en partage des intérêts, des aspirations et des problèmes communs. Le réseau s’est développé rapidement : il compte aujourd’hui (février 2008) une centaine de membres, et assure des traductions en douze langues. Ce Manifeste exprime leur philosophie commune :

Toutes les langues en usage dans le monde doivent contribuer à la fraternité entre les hommes - et d’ailleurs, elles y contribuent. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, une langue n’est pas simplement une structure grammaticale, avec un assortiment de mots interconnectés, en accord avec un code syntaxique ; une langue est aussi - et même, avant tout - une création de signification, fondée sur nos sens. Ainsi, nous observons, nous interprétons et nous exprimons notre propre monde à partir d’un contexte personnel, géographique et politique spécifique. C’est pourquoi aucune langue n’est neutre ; toutes véhiculent le « code génétique », l’empreinte des cultures auxquelles chacune appartient. (...)

Tlaxcala était, à l’époque, la cité qui aida Cortés à détruire Tenochtitlan - attitude équivalant à signer son propre arrêt de mort, étant donné que le nouvel Empire espagnol, né de cette défaite, soumettait tous les peuples indigènes, qu’il s’agisse d’alliés ou d’ennemis de la Couronne espagnole, avec, pour résultat, une disparition quasi totale de leurs cultures et de leurs langues. (...)

De nos jours, le pouvoir impérial est sis aux Etats-Unis d’Amérique, qui ont l’anglais pour langue officielle. Fidèle aux caractéristiques comportementales de toute langue impériale, l’anglais impose aujourd’hui sa loi. Sous l’influence de l’anglais, des pays, des territoires entiers, ont perdu - ou sont en train de perdre - leurs langues de communication. Les Philippines, ou Porto Rico ne sont que deux exemples parmi beaucoup d’autres. En Afrique subsaharienne, le faux prestige accordé à l’anglais, au français, au portugais ou aux langues vernaculaires majoritaires est en train de tuer une langue maternelle locale tous les quinze jours, estime l’ Unesco.

Il est vrai qu’en ces temps de communication planétaire, il n’y a rien de négatif au fait de disposer d’une lingua franca qui permette de faciliter la connaissance mutuelle, mais cette lingua franca devient en revanche tout à fait néfaste si - consciemment ou non - elle transmet l’idéologie de supériorité qui la caractérise, et si elle le fait en affichant son mépris pour les langues « subalternes », c’est-à-dire : toutes les autres. (...)

Tlaxcala, le réseau des traducteurs pour la diversité linguistique, est né comme un hommage post-moderne à la malheureuse cité qui commit la tragique erreur de faire confiance à un Empire - l’Empire espagnol - pour combattre un Empire moins puissant - l’Empire Nahua. (...)

Les traducteurs associés à Tlaxcala croient en l’altérité, en la nécessité de comprendre le point de vue d’autrui, et c’est la raison pour laquelle ils ont décidé de dés-impérialiser la langue anglaise, en publiant dans toutes les langues possibles (y compris, bien entendu, l’anglais) les voix d’écrivains, de penseurs, de caricaturistes et de militants qui écrivent aujourd’hui leurs textes dans des langues auxquelles l’influence de l’Empire dominant ne permet pas d’être entendues. De la même manière, les traducteurs de Tlaxcala s’attacheront à permettre aux non-locuteurs de l’anglais d’être confrontés aux idées d’écrivains anglophones qui se trouvent aujourd’hui marginalisés, ou qui étaient jusqu’ici publiés dans des espaces très réduits et quasi inaccessibles.

Dans sa position d’appareil de fonctions cognitives, l’anglais fonctionne comme une structure de pouvoir mondial formatant les langues et les cultures du monde à son image et à son gré, sans se préoccuper un seul instant de demander la permission, pour ce faire, au monde qu’il prétend représenter. Les traducteurs de Tlaxcala sont convaincus que les maîtres du discours peuvent être vaincus, et ils espèrent brouiller ledit appareil, convaincus que le monde est appelé à devenir à la fois multipolaire et multilingue, et aussi divers que sait l’être la vie elle-même.

La sélection des textes à laquelle procède Tlaxcala reflète les valeurs fondamentales de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et aspire au respect plein et entier des droits de la personne et de sa dignité. Les traducteurs de Tlaxcala sont antimilitaristes,
anti-impérialistes et opposés à la mondialisation capitaliste « néo-libérale ». Ils ne croient ni au clash des civilisations, ni à la croisade impérialiste actuelle contre le terrorisme. Ils condamnent le racisme et la construction de murs et de barrières électrifiées - qu’il s’ agisse de barrières physiques ou de barrières linguistiques - qui empêchent les déplacements naturels et libres, ainsi que les échanges et le partage entre les peuples et les langues de notre Planète. Ils aspirent à promouvoir l’estime, la reconnaissance et le respect de l’Autre, ainsi qu’à exprimer le
désir de cesser d’être des objets de l’Histoire et d’en devenir des sujets, dans une totale égalité. Cet effort est volontaire et bénévole. Toutes les traductions rendues publiques par Tlaxcala sont Copyleft, c’est-à-dire que la reproduction à des fins non-lucratives en est libre, pour peu que la source soit mentionnée.

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